Bovin viande

Réduire ses émissions de GES en améliorant ses résultats techico-économiques


TNC le 12/02/2021 à 10:05
Réduire l'IVV, avancer l'âge au premier vêlage, finir ses réformes... En viande, des pistes existent pour réduire ses émissions de gaz à effet de serre tout en améliorant ses performances technico-économiques. (©TNC)

Réduire l'IVV, avancer l'âge au premier vêlage, finir ses réformes... En viande, des pistes existent pour réduire ses émissions de gaz à effet de serre tout en améliorant ses performances technico-économiques. (©TNC)

Et si réduction des émissions de gaz à effet de serre rimait avec l'amélioration des performances de l'élevage ? Dans le cadre du projet Life Beef Carbon, des conseillers élevage listent les leviers d'actions possibles.

Réduire les émissions de gaz à effet de serre de l’élevage est un enjeu de taille. En viande bovine, les membres du projet Life Beef Carbon ont recensé les différents leviers mobilisables. Et l’intérêt est double puisqu’ils ont aussi une incidence économique sur l’exploitation. En voici la liste :

Réduire et maintenir un bon IVV

« Gagner 15 jours d’intervalle vêlage-vêlage (IVV) pour un naisseur-engraisseur charolais permet de réduire de 2,2 % l’empreinte carbone nette de l’atelier et d’augmenter la production de viande vive de 6 kgvv/UGB », affirment les experts.

Pour y arriver, il faut :

– Bien cadrer sa ou ses périodes de vêlages sur 3 mois maximum ;

– Distribuer une alimentation équilibrée en fonction des besoins avant et après le vêlage ;

– Viser des vêlages faciles pour limiter les soucis sanitaires de type métrite ensuite ;

– Apporter de bonnes conditions d’élevages au troupeau.

Maîtriser la mortalité et la croissance des veaux

« Sur un atelier naisseur de 70 vêlages, une baisse de 4 points de mortalité et une hausse de 100 g/j de croissance, permis par l’amélioration des conditions sanitaires, entraîne une baisse de 3 % des émissions de GES. Sur le plan économique, la vente de 3 broutards supplémentaires, entraîne un gain net de 2 750 €/an sur l’exploitation, malgré la distribution supplémentaire de 200 kg de concentrés par veau. »

Réduire et optimiser le délai entre le dernier vêlage et l’abattage

En d’autres termes, il s’agit de détecter le plus vite possible les femelles vides et les engraisser rapidement. On gagne ainsi du temps tout en économisant du stock fourrager ou encore de la place en bâtiment.

Augmenter le taux de finition

« Finir les vaches de réforme permet un gain significatif de production brute de viande vive et réduit de 6 % les émissions de GES », expliquent les experts. Au lieu de vendre les femelles maigres, ils recommandent de les finir. Mais attention, il faut que la disponibilité en fourrages et en céréales soit suffisante sur l’exploitation.

Réduire l’âge au premier vêlage

Rajeunir l’âge au premier vêlage permet de réduire le nombre de génisses présentes (diminution du ratio animaux présents/animaux productifs). L’objectif : améliorer la productivité par UGB. Cette pratique permet de réduire jusqu’à 14 % des émissions de GES de l’élevage.

On parle alors de vêlages à 30 mois, ou alors plus technique : des vêlages à 24 mois.

D’autres leviers plus connus sont aussi mobilisables pour réduire les émissions de GES, et ce pour tous les types d’élevages. Il s’agit notamment de renforcer l’autonomie alimentaire de l’élevage ou encore d’améliorer la conduite au pâturage, et même de mieux raisonner ses pratiques de fertilisation. Ensuite, il est également possible pour l’éleveur de produire de l’énergie via le photovoltaïque, la méthanisation ou encore le bois-énergie.