Allaitant

Des vêlages groupés pour une meilleure efficacité mais à quelle période ?


TNC le 27/10/2020 à 06:02
Plusieurs études montrent que les élevages allaitants en vêlages groupés s'avèrent plus résilients et performants. À chacun ensuite de choisir la période la mieux adaptée au système. (©TNC)

Plusieurs études montrent que les élevages allaitants en vêlages groupés s'avèrent plus résilients et performants. À chacun ensuite de choisir la période la mieux adaptée au système. (©TNC)

Les études le prouvent : les vêlages groupés permettent d'améliorer les performances technico-économiques des élevages allaitants. Cela joue également un rôle sur le temps de travail. Mais en ce qui concerne la période de vêlages à choisir, elle dépendra surtout du contexte pédoclimatique de l'exploitation. Focus sur deux cas : l'un en vêlages de printemps et l'autre en vêlage d'automne.

Les données de l’observatoire Reproscope de l’Institut de l’élevage l’affirment : 53 % des troupeaux allaitants groupent 60 % des vêlages sur 3 mois. Les vêlages de printemps sont majoritaires devant ceux d’hiver et d’automne. La double période est en revanche très peu pratiquée.

Quel intérêt de grouper les vêlages en allaitant ?

Des experts de la chambre d’agriculture de Haute Garonne et de l’Idele se sont penchés sur la conduite de reproduction en élevage allaitant. Il s’agit selon eux d’un véritable lever d’action pour gagner en compétitivité et en robustesse face aux aléas. Ils se sont alors intéressés pour la race Aubrac à deux types d’élevages : des plus résilients aux moins performants.

Les plus résilients ont des périodes de vêlage clairement identifiés et groupés (sur l’hiver pour le cas étudié en Aubrac), avec 80 % des vêlages étalés sur 3 mois consécutifs. « Côté technique, on observe pour ces élevages en vêlages groupés une plus faible mortalité des veaux au sevrage (- 40 % entre les moins groupés et les plus groupés). Cela s’explique notamment par la gestion des veaux en lots et donc un protocole sanitaire peut-être mieux appliqué. Pour l’IVV : même chose, les élevages en vêlages groupés gagnent jusqu’à 21 jours d’IVV par rapport aux autres », commente Aurélie Blachon de la chambre.

Des vêlages groupés pour de meilleures performances technico-économiques, des lots d’animaux homogènes et moins de temps de travail

Cela se traduit aussi par des gains économiques. En reprenant le cas étudié, avec une mortalité plus faible, un meilleur IVV et une meilleure croissance des animaux, les élevages qui groupent plus de 80 % de leurs vêlages obtiennent jusqu’à 16 €/vêlage de gain économique.

Autre aspect : le temps de travail. « Les études montrent aussi qu’il y a moins de travail pour les éleveurs en vêlages groupés. Il peut aussi y avoir une plus-value à la vente des animaux avec des lots plus homogènes. »

Retrouvez aussi : Avancer l’âge au premier vêlage pour de sacrées économies

Des vêlages d’automne ou de printemps : quelle est la meilleure période ?

Pour les comparer, la ferme expérimentale de Jalogny (71) a mis en place deux systèmes pour son élevage Charolais naisseur et herbager :  l’un avec des vêlages groupés d’automne et l’autre de printemps. Ci-dessous le dispositif technique :

Deux périodes de vêlages pour ce système naisseur herbager en Charolais : à l’automne ou au printemps. (©Idele)

Pour synthétiser, il en ressort pour chaque plusieurs avantages et inconvénients. Si les cas basés sur le printemps s’avèrent plus résilients sur le plan fourrager, à chacun de choisir la période la mieux adaptée à son système.

Vêlages d’automneVêlages de printemps
Avantages

– Sécurisation des stocks hivernaux

– Complémentation sous la mère des mâles (production de jeunes mâles maigres durant l’été)

– Sécurité des performances

– Une production de viande vive par UGB légèrement supérieure

– Adapté aux IA

– Ajustement des conduites au cycle de l’hiver

– Logique de croissance modérée des mâles

– Rattrapage possible des performances

– Maîtrise des coûts et meilleur produit bovin par UGB (+43 €/UGB par rapport au système d’automne)

Inconvénients

– Consommation d’énergie fossile supérieure (+ 40 %)

– Peu de marge de sécurité fourragère

– Plus de concentrés par UGB

– Besoin de plus de paille l’hiver

– Plus de lots à gérer au pâturage

– Plus de CH4 émis car temps de présence supérieur et animaux plus lourds

Pour connaitre tous les détails, retrouvez le replay du webinaire dédié sur le site de l’Idele