Fertilisation

Les effluents d’élevage : l’or brun de demain ?


TNC le 23/06/2022 à 05:21
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Maddalena Moretti insiste sur l'importance d'analyser ses effluents d'élevage. (©Pixabay)

Les effluents d'élevage représentent un atout majeur de gestion de la fertilité du sol, aujourd'hui plus que jamais. Maddalena Moretti, référente en agriculture biologique pour Littoral Normand, fait le point sur les différents apports organiques.

« Les effluents d’élevage assurent trois apports dans le sol : chimique (via les éléments nutritifs), physique (car ils en améliorent la structure), et biologique (car ils constituent la nourriture du sol). » Et selon le type d’effluent et sa composition, il aura une action différente. Maddalena Moretti de Littoral Normand rappelle l’importance des apports organiques et leurs différentes composantes :

Au vu des tarifs actuels des engrais, il est important de se pencher sur la qualité des effluents d’élevage !

La proportion des composantes change en fonction de la typologie de l’effluent. (©Littoral Normand)

Quel effluent pour quelle culture ?

Référente en agriculture biologique, Maddalena insiste sur l’importance d’analyser ses effluents, et principalement les produits frais : « L’effet de l’azote d’un effluent dépend de sa stabilité à la dégradation (la vitesse à laquelle il sera digéré) et du rapport C/N. Il faut vraiment prendre ces deux paramètres en compte car même si une matière se dégrade vite, elle peut générer une faim d’azote pour se dégrader. »

La vitesse de dégradation et le rapport C/N sont à prendre en compte dans le choix des effluents à épandre, d’où l’importance de les analyser. (©Littoral Normand)

La composition en P et K est aussi à prendre en compte :

Le compost par exemple, est plus concentré en matière sèche. Il est donc plus riche et a un rapport C/N très élevé. (©Littoral Normand)

« Si notre objectif est de faire monter la matière organique du sol, il faudra épandre du fumier de bovins (composté ou sur litière accumulée). Mais en les apportant à l’automne (sur un blé par exemple), ça ne représentera pas grand chose niveau azote car on sera plutôt sur de l’humification que de la minéralisation. Sur du maïs, on a une meilleure minéralisation de l’azote : c’est la culture qui valorise le mieux les effluents d’élevage. »

Pour économiser de l’azote minéral en blé, miser prioritairement sur le précédent (prairie de légumineuses, féverole, pois…) et éviter les gaspillages (même avec une interculture courte).

Le fumier mou de bovin et le lisier de bovin sont les deux produits plutôt orientés sur l’azote. (©Littoral Normand)
Le fumier de bovins sur litière accumulée et le compost de fumier de bovin soutiennent plutôt les apports en PK. (©Littoral Normand)

Maximiser l’effet fertilisant et limiter les pertes

« Les pertes d’azote se font par volatilisation (principalement NH3, mais aussi N2O), et lessivage (sous forme NO3-). Et en fonction du produit, les points de vigilance ne seront pas les mêmes : pour le lisier, c’est à l’épandage que les pertes sont plus importantes, d’où l’importance d’enfouir pendant ou rapidement après l’épandage. »

Au champ, l’experte recommande aussi de couvrir les tas de fumier pour éviter le lessivage. Elle complète également : « Les composts vont principalement agir sur la fertilité physique du sol, en assurant aussi un apport de P et K. Mais attention aux pertes par volatilisation au compostage. »

Analyser et diversifier les apports d’effluents car ils sont complémentaires !

Ces conseils sont issus d’un webinaire durant la semaine de l’expertise organisée par Littoral Normand.