Élevage des génisses

Kévin Rémy : « En 6 ans, j’ai réduit de 6 mois l’âge au premier vêlage »


TNC le 19/07/2019 à 05:54
« Passer du vêlage 29 à 23 mois ne s'est pas fait en un jour. J'ai augmenté les quantités de lait, revu les lots et sevré plus tard. (©Kévin Rémy)

« Passer du vêlage 29 à 23 mois ne s'est pas fait en un jour. J'ai augmenté les quantités de lait, revu les lots et sevré plus tard. (©Kévin Rémy)

Kevin Rémy, le jeune président du réseau « European dairy farmer », est éleveur laitier dans la Meuse. Dans son troupeau de 155 vaches, l’âge au premier vêlage est passé de 29 à 23 mois grâce à une croissance optimisée.

Quand Kevin Rémy s’est installé en 2012, l’âge au premier vêlage était de 29 mois. En 2018, la moyenne est à 23,2 mois. Soit près de 6 mois de période productive de gagné. « Tout ne s’est pas fait en un jour, tempère Kevin Rémy, à la tête d’un troupeau de 155 VL dans la Meuse. C’est une succession de mesures qui ont permis d’améliorer l’âge au premier vêlage en gérant bien la croissance. »

D’une expérience aux États-Unis, l’éleveur avait vu que des veaux pouvaient boire 12 litres de lait. « En 2014, j’ai augmenté les quantités de lait, explique-t-il. On a donc gagné en croissance et en âge à la puberté ». Dans cette optique, au printemps 2016, il opte pour le lait en poudre à 27 % de protéines, pour renforcer la croissance musculaire, en limitant le dépôt de gras. »

En 2014, à la construction d’une nouvelle stabulation, les anciens bâtiments ont été spécialisés par âge. La vieille étable est devenue nurserie. Les veaux sont en cases individuelles pendant 5 à 10 jours, puis passent au Dal, où ils auront du lait à volonté, pendant les 40 premiers jours. La quantité sera progressivement réduite les 35 jours suivants pour arriver au sevrage à 75 jours. « Le sevrage est tardif, reconnaît Kevin Rémy. Mais ça permet d’avoir des veaux qui mangent du mash fermier, autour de 3 kg, ce qui est assez pour ne pas avoir un coup de frein sur la croissance. »

L’ancienne stabulation accueille les génisses et les taries. « Quand les génisses rejoignent les taries en préparation au vêlage, elles changent de lot mais pas de bâtiment, elles connaissent déjà les logettes, ça fait un stress de moins », explique Kevin Rémy qui veille à ne faire qu’une transition à la fois pour limiter les stress. Quand il y a un changement de lot, les génisses gardent la même ration. De même, les veaux restent dans les parcs du Dal 10 à 15 jours après le sevrage pour avoir le temps de se faire à leur nouvelle ration avant de changer de bâtiment.

Objectif : faire vêler à 21 mois

L’éleveur se fixe l’objectif d’avoir des génisses de 250 kg à 6 mois. « Cela équivaut à une croissance de 850 g/jour avant 6 mois, puis 700 g pour arriver à un vêlage à 24 mois, chiffre Kévin Rémy. Pour descendre à 21 mois, il faudrait garder une croissance de 800 g après 6 mois ». L’éleveur s’est équipé de 3 balances, dont une dans le Dal. « Il faut suivre les courbes de croissance pour être sûr que les rations sont bonnes et inséminer au bon moment », estime-t-il.

Aujourd’hui, son coût alimentaire s’élève à 985 € par génisse pour un vêlage à 23 mois. « Si elles vêlaient 3 mois plus tard, ce qui est la moyenne en France, elles me coûteraient 150 € de plus. Ça paie presque la poudre de lait pour booster la croissance avant sevrage », souligne-t-il. L’éleveur fait aussi attention aux apports en minéraux. « En 2018, j’ai voulu réduire les apports et utiliser de la semence sexée sur les génisses. Du coup, je suis passée de 1,77 paillette à 1,95 », regrette-t-il.

Toutes ces améliorations ont porté leurs fruits, tant sur les 6 mois gagnés sur l’âge au premier vêlage que sur les lactations, avec une moyenne à 9 660 litres pour les primipares et plus de 12 000 pour les 2e lactations. L’éleveur ne compte pas s’arrêter là, il se fixe comme objectif d’arriver à 21 mois. « Certaines génisses y arrivent déjà ! »