Grippe aviaire : le niveau de risque abaissé en France, passant d’« élevé » à « modéré »


AFP le 26/04/2026 à 12:45

Le niveau de risque en France lié à la grippe aviaire est abaissé à partir de lundi sur le territoire métropolitain, passant d'« élevé » à « modéré », ce qui met fin à l'obligation systématique de confinement des volailles.

La décision a été prise par le ministère de l’Agriculture en « considérant l’amélioration de la situation sanitaire au sein des élevages et dans l’avifaune sauvage », selon un arrêté de la direction générale de l’alimentation du ministère daté du 21 avril et paru dimanche au Journal officiel.

La conséquence de ce retour à un niveau de risque « modéré » est un allègement des mesures sanitaires telles que prévues dans un arrêté du 25 septembre 2023.

Cela signifie que « les obligations de mise à l’abri des volailles ne concernent plus que certaines zones sensibles du territoire national », a précisé le ministère de l’Agriculture à l’AFP.

La décision a été accueillie avec soulagement notamment dans le Sud-Ouest, épicentre de la colère agricole cet hiver qu’avait ravivée, entre autres, la propagation de la dermatose nodulaire contagieuse bovine.

Désormais, « tous les animaux vont aller dehors pour l’alimentation », a déclaré à l’AFP Thierry Dezès, 47 ans, qui élève 5 000 à 6 000 canards à Baigts (Landes).

« On avait déjà le droit de remettre les animaux dehors, mais là maintenant on peut mettre tous les aliments et l’abreuvement dehors, ce qui est mieux pour eux, et pour l’éleveur ! », a-t-il souligné.

Autre conséquence concrète pour l’éleveur en « Label rouge »: « on devait faire la troisième vaccination, et là on passe à deux ».

Mais Thierry Dezès a aussi regretté une levée tardive du niveau d’alerte « élevé », et le coût des campagnes obligatoires de vaccinations des canards, dont l’Etat a abaissé de 70 % à 40 % sa prise en charge pour 2025-2026.

Aucun cas actif

« Compte tenu de la situation épidémiologique favorable (…) l’Etat abaisse le niveau de risque à compter du (lundi) 27 avril », a indiqué le ministère de l’Agriculture à l’AFP, en précisant que la décision a été arrêtée « après concertation avec les scientifiques et les professionnels du secteur ».

Depuis le 16 avril, « il n’y a plus de cas actifs sur le territoire à cette date », et le retour des oiseaux migrateurs s’est fait « sans cas récent », a-t-on expliqué de même source.

Outre la levée de l’obligation systématique de confinement des volailles, « d’autres mesures sont allégées mais le niveau de risque « modéré » implique de maintenir un haut niveau de vigilance », souligne le ministère.

Les véhicules destinés au transport de palmipèdes de plus de trois jours doivent être « équipés au moyen de systèmes tels que bâches ou équivalents empêchant toute perte significative de plumes et duvets par un camion plein ou vide », indique notamment l’arrêté du 25 septembre 2023 relatif aux mesures de surveillance, de prévention, de lutte et de vaccination contre la grippe aviaire.

Le risque épizootique auquel sont exposés les volailles et autres oiseaux captifs en cas d’infection des oiseaux sauvages par un virus de l’influenza aviaire hautement pathogène (IAHP) est classé en trois catégories, « négligeable », « modéré » et « élevé ».

Depuis le 22 octobre 2025, après un arrêté du 17 octobre 2025, le niveau de risque était qualifié d’« élevé », le plus haut échelon qui entraîne notamment le confinement de volailles.

Le déclenchement de ce niveau de risque était intervenu plus tôt que les années précédentes, où il n’était généralement activé qu’en novembre, voire en décembre.

Depuis août 2025, 121 foyers d’infection ont été recensés en France dans des élevages commerciaux et 30 foyers dans des basses-cours et chez des oiseaux captifs non commerciaux, selon un point du ministère de l’agriculture arrêté au 16 avril. En Europe, des cas subsistent en Pologne.