Affichage environnemental : Interbev s’alarme du faible score du bœuf herbager


TNC le 18/05/2026 à 14:54
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Interbev dénonce le mode de calcul actuel du score environnemental, qui ne prend pas en compte toutes les apports environnementaux de l'élevage herbarger français. (© Adobe Stock_Quéméner Valérie)

Dans une lettre ouverte adressée au Premier ministre, l’interprofession Bétail et Viande déplore les choix effectués en matière d’affichage environnemental, ces derniers ne permettant pas de reconnaître les aménités positives de l’élevage herbager français.

« Un boeuf français nourri à l’herbe, élevé sur des prairies qui stockent du carbone et préservent la biodiversité, obtient aujourd’hui un moins bon score environnemental qu’un poulet importé produit à des milliers de kilomètres d’ici, nourri au soja issu de la déforestation et produit dans des conditions incompatibles avec les exigences de la France », dénonce Interbev dans une lettre du 13 mai à destination de Sébastien Lecornu.

L’interprofession, qui participe depuis le début aux travaux autour de l’affichage environnemental créé dans le cadre de la loi Climat et Résilience, met cependant en avant une première avancée, car le calcul actuel permet de reconnaitre certaines externalités positives de l’élevage en ne se concentrant pas uniquement sur le score carbone. Pour autant, l’ensemble des bénéfices environnementaux de l’élevage ne peuvent pas dépasser 30 % du score total, explique Interbev.

La durabilité de l’élevage français invisibilisée

Ce seuil, « fixé de manière arbitraire », implique que « les systèmes d’élevage herbagers français, pourtant parmi les plus extensifs, ne pourront jamais être pleinement reconnus pour leur contribution environnementale globale », déplore Interbev, tandis que les produits d’importation peuvent obtenir de meilleurs scores.

Une incompréhension totale pour la filière, et qui va à l’inverse des objectifs affichés par les politiques publiques, comme la relocalisation et la transition agroécologique.

« Tant qu’un élevage herbager français restera moins bien classé qu’un poulet importé ne respectant pas les mêmes exigences environnementales, sanitaires et territoriales, cet outil ne pourra prétendre répondre pleinement à l’objectif qui lui est assigné : orienter les consommateurs vers des choix alimentaires réellement durables », conclut l’interprofession, mettant en avant le manque de crédibilité du dispositif actuel.