Litière

Des plaquettes pour ne pas rester sur la paille !


TNC le 30/11/2018 à 10:59

Pour économiser de la paille, quelques éleveurs ont choisi d'utiliser le bois de leurs haies en litière. Ces copeaux peuvent s'utiliser en sous-couche mais certains en font une litière complète.

Avec la sécheresse estivale, la spéculation va bon train sur les fourrages et les prix de la paille flambent dans certains secteurs. Lorsqu’elle vient à manquer, il faut trouver des alternatives. Des éleveurs se tournent alors vers l’utilisation de plaquettes et copeaux de bois. C’est le cas du Gaec Vigier (Cantal) : « Nous avions un surplus de bois qui n’avait pas de valeur marchande. J’ai alors suivi une formation par le biais de la chambre d’agriculture pour connaitre les méthodes de coupe et d’entretien des haies. Sur l’exploitation, on utilise actuellement 250 m 3 de plaquettes pour la litière des animaux. »

Alexia Deltreil, de la chambre d’agriculture du Cantal, explique : « La formation que nous proposons a pour but d’expliquer aux agriculteurs comment couper leurs haies et comment valoriser ce bois soit en énergie, soit en litière. L’agriculteur peut ensuite faire son inventaire bocager et estimer les volumes de bois récoltables sur l’exploitation de manière durable. »

Gain de temps et d’argent

Jacques Combourieu, éleveur allaitant à Malbo (Cantal) utilise des plaquettes depuis une dizaine d’années. « J’ai d’abord voulu les utiliser pour leur effet drainant. Je l’ai testé sur des petits veaux et je trouvais que la litière était plus saine. Je l’ai ensuite étendu aux vaches : ça a un effet tampon entre la litière et le sol. Aujourd’hui j’utilise une cinquantaine de m3 pour 38 vaches en sous-couche. Ça me permet d’économiser une vingtaine de tonnes de paille. Le premier mois de la mise en place des plaquettes, je ne paille pas du tout ce qui me fait gagner du temps. Pour ce qui est du fumier, je l’épand à l’automne et le retourne une fois en été car je ne pratique pas de compostage. »

Les économies vont de 250 € pour de la paille produite à plus de 3 000 € pour de la paille achetée et livrée cours de ferme. La chambre d’agriculture de l’Ain estime qu’une tonne de plaquettes remplace environ une tonne de paille. Elle a posé les chiffres : « Le coût de 10 cm de plaquettes étalées dans la stabulation pour 100 UGB pendant trois semaines est de 600 € (pour de la plaquette produite sur l’exploitation). Ce même apport de paille peut coûter entre 850 € (pour de la paille pressée sur l’exploitation) et 3 365 € pour de la paille achetée à 170 €/t. » Elle avertie cependant les éleveurs : « Il faut anticiper l’utilisation de la plaquette. En effet, pour qu’elle ait un bon pouvoir absorbant, il faut 3 à 4 mois de séchage et une plaquette de petite dimension : 2 à 3 cm maximum. »

En sous-couche ou en litière totale

En règle générale, la plaquette est utilisée en sous-couche. On l’étale sur 5 à 10 cm de hauteur et on la laisse sans paillage durant 2 à 3 semaines. Quand les animaux commencent à se salir, on démarre les apports de paille ou de plaquettes supplémentaires. Cette sous-couche permet de réduire la quantité de paille en surface grâce au pouvoir absorbant de la sous-couche. Néanmoins, si on souhaite être en 100 % plaquettes, il faudra trouver la bonne technique d’apport : elles peuvent passer dans certaines pailleuses ou il faudra utiliser un ancien épandeur.

Pour ce qui est de leur décomposition, les techniciens de la chambre de l’Ain expliquent : « La décomposition des plaquettes à la parcelle se réalise en moins d’un an. Le bois étant issu des haies, donc en grande partie de branches, et très majoritairement de feuillus, il n’y a pas de problème lié aux terpènes ou aux tanins (ces bois en contiennent peu ou pas), et il n’y a donc pas de risque d’acidification du sol (contrairement à l’utilisation de sciure, majoritairement issue de résineux et de troncs). »

Sur sa chaîne Youtube, Paysan Heureux a quant à lui partagé une vidéo de déchargement de copeaux. Il explique : « À 2 500 € le camion de paille, il faut chercher des solutions nouvelles pour les litières. J’ai donc commandé 90 m 3 de copeaux, cela prend un peu de place. J’avais donc préparé une plate-forme pour le déchargement et pour que ce soit facile à reprendre avec mes engins. »