Une ou deux buvées par jour : même croissance et même bien-être pour les veaux
TNC le 05/05/2026 à 10:51
D’après l’expérimentation Colocavo, il semble que passer de deux à une seule distribution de lait par jour n’entrave pas la croissance des veaux ni leur bien-être. L’environnement en lui-même semble jouer un rôle plus important sur leur comportement.
S’il est possible de passer à une seule buvée par jour sans pénaliser la croissance ni détériorer le bien-être des veaux, c’est peut-être l’occasion de se faciliter le travail… « Cela contribue au bien-être de l’éleveur », avance Clémence Suard de la chambre d’agriculture de Bretagne à l’occasion d’un webinaire Colocavo, un programme qui s’intéresse au logement collectif des veaux laitiers.
La ferme expérimentale de Trévarez a testé la modalité « fréquence de distribution du lait » et ses impacts sur la croissance, le bien-être et la santé des veaux. Le tout sur des veaux en logement collectif.
– En ce qui concerne la croissance : pas de différence significative sur la croissance des veaux entre 0 et 6 mois, qu’ils soient conduits en conventionnel (GMQ de 836 g/j en 1 distribution VS 864 g/j en 2 distributions) ou en agriculture biologique (806 VS 850 g/j).
– Pour le comportement, c’est plus difficile à analyser car les résultats se basent sur des observations. Les animaux nourris qu’une seule fois semblent plus calmes (car l’agitation se fait surtout autour des temps de repas). Il y a aussi moins de vocalisations chez les animaux. Une seule distribution réduit aussi les risques de tétées croisées. Autant d’indicateurs qui encouragent à passer à une seule buvée par jour, mais Clémence Suard tempère : « Il faudrait creuser davantage, notamment du côté du sevrage car la méthode plus ou moins progressive a l’air d’influencer le comportement des veaux. Plus encore que la fréquence de distribution du lait au final. »
Des freins à loger les veaux collectivement
Sur le terrain, les éleveurs semblent encore assez réfractaires à loger leurs jeunes veaux de façon collective. D’après une enquête réalisée au sein du programme, les arguments avancés sont : risque accru de maladies, succions croisées, compétition alimentaire ou encore surveillance et soins plus difficiles pour les éleveurs. « Pourtant, chez les éleveurs qui ont déjà mis en place cette pratique, ces arguments ne sont pas vérifiés », explique Elsa Delanoue de l’Idele avant de poursuivre : « Ça se passe très bien si les quantités de lait distribuées et le nombre de tétines sont suffisantes. »
Pour la seconde année d’essais, d’autres modalités vont être testées sur les fermes expérimentales : les quantités de lait distribuées et leurs impacts zootechniques, sanitaires et comportementaux, et l’effet du mode de logement sur la consommation des animaux. Le Cirveau travaille également sur l’engraissement des veaux démarrés collectivement. À suivre donc…