L’activité d’un élevage de porcs « suspendue » après un signalement de L214


AFP le 06/05/2026 à 07:15

L'activité d'un élevage porcin a été suspendue « en urgence » par le préfet du Finistère et une enquête pénale a été ouverte après un signalement de l'association L214 sur des maltraitances animales, ont annoncé la préfecture et le parquet mardi.

L’association de défense des animaux a diffusé une de photos et vidéos sur cet élevage pouvant accueillir plus de 1 600 porcs sur la commune de Lannilis. On peut notamment y observer des cadavres de cochons en décomposition, des viscères et des ossements dans les mangeoires, des animaux blessés, le tout dans l’obscurité et dans des cases d’engraissement surpeuplées.

Prévenue lundi par L214, la Direction départementale de la protection des populations (DDPP) du Finistère, en charge notamment des contrôles vétérinaires, « a immédiatement diligenté un contrôle officiel inopiné au sein de l’exploitation », a annoncé la préfecture à l’AFP. « Au regard des constats effectués, une mesure de suspension d’activité est prise en urgence par le préfet du Finistère », a ajouté la même source.

A la suite de ce contrôle, le procureur de Brest Stéphane Kellenberger a annoncé l’ouverture d’une enquête pour « mauvais traitements » et « toutes autres infractions connexes ». « De possibles non-conformités (…) ont été relevées, concernant notamment les locaux, des difficultés d’accès permanent de certains des animaux à l’eau, la présence de nuisibles sur les lieux, ainsi que la découverte d’animaux blessés, morts, dont certains en état de décomposition », a-t-il décrit.

Plainte déposée

Une plainte pour « mauvais traitements à animaux domestiques » avait été déposée lundi par L214 auprès du parquet de Brest. « Cet élevage est le théâtre d’horreurs quotidiennes », a estimé Sébastien Arsac, directeur des enquêtes chez L214, cité dans un communiqué. « La fermeture définitive de cet élevage, symbole de la cruauté de l’élevage intensif, est essentielle et urgente », a-t-il estimé.

Contacté par l’AFP, l’éleveur n’a pas souhaité s’exprimer sur les faits qui lui sont reprochés.

La coopérative Evel’Up, qui regroupe 680 éleveurs de porcs pour 827 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2024, est visée pour « complicité » de mauvais traitements dans la plainte de l’association.

Dans un communiqué, la coopérative a dit regretter « que la détresse d’une famille soit instrumentalisée par une organisation anti-élevage ».

« Depuis plusieurs mois, les équipes de la coopérative ont identifié les difficultés de l’élevage, diagnostic partagé par l’éleveur. Face aux difficultés, des discussions ont été engagées avec l’éleveur afin de préparer l’arrêt de son activité », qui était prévue « pour les prochains jours », a ajouté Evel’Up.

Selon L214, l’élevage a perçu, entre octobre 2023 et octobre 2024, près de 22 000 euros d’aides de la Politique agricole commune (PAC). Une aide de 5 787 euros pour des « pratiques agricoles bénéfiques pour l’environnement, le climat et le bien-être des animaux » lui a également été attribuée en mai 2023, selon le site d’informations légales Pappers.