À quatre sur 120 ha et 180 Kiwis, ils dégagent 2 000 € de revenu mensuel chacun
TNC le 20/04/2026 à 15:57
Produire moins de lait, mais mieux en vivre. C’est le choix opéré par les associés de la ferme Mauny. En misant sur un système herbager en monotraite, sans concentré, ils parviennent aujourd’hui à dégager près de 2 000 € par mois chacun sur 120 ha.
À quatre sur 120 ha et 180 vaches laitières, les associés de la ferme Mauny dégagent près de 2 000 € de revenu mensuel chacun. Un résultat obtenu en quelques années grâce à une transformation complète de leur système. Leur objectif : un élevage laitier à bas intrants, basé sur la monotraite, le pâturage et des vêlages groupés de printemps.
La première étape ? Le travail de l’herbe. « Historiquement, mes parents exploitaient 90 ha dont 20 ha de maïs, mais l’intégralité des travaux des champs étaient délégués. C’était assez simple pour nous de changer de système car nous n’avions pas de gros investissements dans les matériels de travail du sol », explique Thibault au micro de PâtureSens.
Objectif 6 000 l de lait par ha d’herbe
Aujourd’hui, les éleveurs misent sur l’herbe. « C’est la production au pâturage qui m’attire », résume l’éleveur, qui se fixe un objectif de 6 000 l de lait produit par hectare d’herbe en monotraite. Le tout de manière autonome, sans engrais de synthèse ni de concentré. « On a investi en moyenne 1 000 € de l’hectare sur 95 ha de surface. Le meilleur moyen de les amortir, c’est de produire du lait à l’herbe pâturée. »
« Je pense qu’en monotraite, avec 60 % d’herbe pâturée, 25-30 % d’enrubannage et 10 % de foin en période de tarissement, on peut aller chercher 3 000 l de lait par vache. Et sur la ferme, on a un potentiel de 2 kiwis par ha, donc on arrive à ce niveau de production », explique Thibault.
180 vaches laitières
Comme les vaches ont un niveau de production relativement bas, les associés ont revu les effectifs à la hausse. « Il y a trois ans, on a commencé à introduire des Kiwis. Aujourd’hui, nous avons 60 % de Kiwis et 40 % de Normandes, et l’objectif est d’atteindre les 100 % ». Côté effectif, « nous sommes passés de 80-90 vêlages à 120 l’année dernière, puis actuellement 184 avec 150 vaches à la traite », poursuit l’éleveur.
La monotraite fait partie intégrante du système. « On s’est interdit d’acheter un kilo d’aliment, et en double traite c’est plus difficile », résume Loïc. Avec la suppression de la complémentation et la mise en place de la monotraite, les vaches sont passées de 6 500-7 000 l de lait à 3 000-3 500. Et cela ne pose pas problème. « Ce qui compte, c’est de vivre de son métier et d’avoir un revenu. Pas de faire un quota », insiste l’éleveur.
Sur l’exploitation, les vêlages sont groupés au printemps. « Ça permet de réduire notre temps de travail. On gère une bande. Qu’il y ait 2 ou 10 vêlages, on est dedans, et on est plus efficaces. »
La saisonnalité des vêlages permet aussi d’avoir un effectif avec des besoins alimentaires moins importants en hiver. « On donne 12-13 kg de MS l’hiver, et elles mangent 17-18 kg MS au printemps là où il y a le pâturage », résume l’éleveur.
60 % de valeur ajoutée sur chiffre d’affaires
« Souvent, on nous demande comment on fait pour vivre à quatre sur 120 ha », lance Quentin. Le système et l’optimisation fiscale permettent de bénéficier d’un salaire convenable. « Nous sommes passés au micro BA la première année d’installation. On sort 2 000 € par mois par personne, et quelques primes. Je trouve qu’on s’en sort plutôt bien économiquement. »
Certes, la structure produit moins de lait à la vache, mais la rentabilité reste présente. « On fait le même chiffre d’affaires que mes parents, mais on a doublé la valeur ajoutée de l’entreprise. On est passé de 30-35 % de valeur ajoutée sur chiffre d’affaires à 60 %. C’est la diminution de charges de concentré, semence, produit phytos qui ont fait qu’on a augmenté la valeur ajoutée ».