Une enveloppe de 8 M€ pour développer le chanvre, la luzerne, le sarrasin et le sainfoin


TNC le 14/10/2026 à 16:00
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Les porteurs de projets ont jusqu’au 31 décembre 2026 pour candidater. (© Stéphane Leitenberger/Adobe Stock)

L’agence de l’eau Seine-Normandie vient d’annoncer la mobilisation d’une enveloppe de 8 millions d’euros en 2027 pour développer les filières de plusieurs cultures à bas niveau d’intrants sur les aires d’alimentation de captages d’eau.

« Développer les débouchés pour favoriser l’implantation du chanvre, de la luzerne, du sarrasin et du sainfoin sur les aires d’alimentation de captages » : tel est l’objectif du nouvel appel à manifestation d’intérêt (AMI) lancé par l’agence de l’eau Seine-Normandie. Il doit permettre de « structurer des filières capables d’offrir aux agriculteurs une valorisation économique pérenne et attractive de ces productions à bas niveau d’intrants (BNI). Leur développement est particulièrement intéressant pour préserver les ressources en eau utilisées pour l’alimentation en eau potable ».

L’agence précise que les aires d’alimentation de captages représentent environ un tiers de la surface agricole du bassin Seine-Normandie. Encourager les filières de productions structurellement moins dépendantes des intrants complète les autres leviers mobilisés pour les agriculteurs sur ces territoires : « mesures agroenvironnementales et climatiques, paiements pour services environnementaux, accompagnement technique ou aides aux investissements permettant notamment de réduire de manière pérenne l’utilisation des produits phytos, conversion à l’agriculture biologique ».

Qui peut candidater ?

Ouvert à l’échelle du bassin Seine-Normandie, l’AMI s’adresse en priorité aux opérateurs économiques des filières : coopératives, collectifs d’agriculteurs, associations, industriels ainsi qu’aux collectivités et, le cas échéant, aux organismes de développement agricole. Le projet présenté doit obligatoirement être en lien avec une ou plusieurs aires d’alimentation de captages. « L’agence de l’eau pourra accompagner aussi bien l’émergence que la mise en œuvre des filières : études de faisabilité et de marché, études techniques ou de gisement, mais aussi investissements nécessaires à la transformation, au stockage ou à la commercialisation ».

Dans l’Aube, la Ferme des Abbesses a, par exemple, été accompagnée pour « investir dans des équipements de stockage, de triage et de séchage de chanvre et de céréales en agriculture biologique, partagés avec d’autres exploitations agricoles. Lauréat d’un précédent appel à projets de l’agence de l’eau consacré aux filières BNI, le projet représentait près de 753 000 € d’investissement, avec près de 198 000 € d’aide de l’agence. Il permet le développement de 370 ha de productions, dont 53 ha situés sur des aires d’alimentation de captages ».

Dans l’Oise, Alpha Protéines développe le projet Luz’in D.ZU autour d’une unité de séchage à basse température. Le but est de « créer un débouché local et de valoriser 1 000 hectares de luzerne, dont 700 ha sur le bassin Seine-Normandie. L’agence de l’eau soutient cet investissement de 15,9 M€ à hauteur de 5,2 M€, soit 65 % des dépenses éligibles ».

Pour ce nouvel AMI, les candidats sont invités à prendre contact en amont avec leur directeur territoire de l’agence de l’eau. Les dossiers devront être déposés au plus tard le 31 décembre 2026, les projets seront sélectionnés en mars 2027, avant le dépôt des demandes d’aide et leur instruction à compter de mai 2027.