La moitié des petits cours d’eau à sec, aucune amélioration selon l’OFB


AFP le 14/10/2026 à 12:06

Près de la moitié des petits cours d'eau français étaient à sec fin septembre, une situation inédite depuis le début des relevés il y a 15 ans, et qui ne montre pas de signe d'amélioration, selon l'Office français de la biodiversité (OFB).

« C’est la situation la plus grave qu’on ait constatée depuis 2012 et c’est surtout, et c’est ça qui nous inquiète, une situation qui s’étend dans le temps », a commenté un responsable de l’OFB mardi lors d’une conférence téléphonique. Selon un communiqué de l’office, fin septembre, « près de la moitié des cours d’eau observés (49,6 %) sont en rupture d’écoulement ou en assec », c’est-à-dire que leur lit est asséché parce que l’eau s’est évaporée ou infiltrée.

En valeur absolue, cette situation concerne 1 594 tronçons initiaux de cours d’eau (la partie la plus proche des sources, où ils ne sont encore que des petits ruisseaux), qui fournissent 55 à 70 % de l’eau des rivières situées en aval. Du jamais vu en 15 ans de suivi, quel que soit le mois considéré. Cela représente même 20 cours d’eau supplémentaires par rapport à fin août 2022, qui avait connu une sécheresse exceptionnelle.

Et la persistance de cette situation « depuis plus de quatre mois sur les mêmes secteurs » est également inédite depuis le début du suivi. La situation s’est même aggravée depuis le mois d’août, « alors qu’une stabilisation ou une amélioration sont généralement observées au cours du mois de septembre ».

Toutes les régions françaises sont concernées

« L’ampleur, la précocité et la persistance de ces phénomènes témoignent d’un niveau de dégradation particulièrement élevé, susceptible d’entraîner des conséquences importantes sur les écosystèmes aquatiques », a souligné l’OFB, qui s’appuie sur des chiffres recensés par l’Observatoire national des étiages (ONDE).

Cette situation de sécheresse est associée « à des hausses de température dans les cours d’eau, qui ont aussi des impacts, mortalité (…), capacité de reproduction à long terme, circulation des espèces, etc. », a encore commenté le responsable de l’OFB.

Toutes les régions françaises sont concernées, précise l’OFB. Les situations les plus critiques sont situées le long d’un axe allant de la Vendée à la région Grand Est, où la dégradation se poursuit, tandis qu’une aggravation est observée en Occitanie et en Auvergne-Rhône-Alpes.

« Aucune amélioration n’est observée dans les départements déjà les plus touchés fin août, certains connaissant même une nouvelle dégradation », constate encore l’office, citant la Creuse, l’Aveyron, la Côte-d’Or, la Vendée, les Ardennes, la Charente, la Loire, la Loire-Atlantique, la Haute-Marne et la Nièvre.