Visite d'essais

Secure colza : mobiliser les leviers pour relancer la culture


TNC le 14/04/2021 à 18:02
Parmi les premiers enseignements de cette plateforme d'essais Secure colza, il faut « être opportuniste et se tenir prêt à semer tôt », indique Alizée Loiseau, consultante chez Agrosolutions. (©TNC)

Parmi les premiers enseignements de cette plateforme d'essais Secure colza, il faut « être opportuniste et se tenir prêt à semer tôt », indique Alizée Loiseau, consultante chez Agrosolutions. (©TNC)

Avec le projet Secure colza, Agrosolutions, Noriap et RAGT Semences allient leurs compétences pour redynamiser la culture, dont les surfaces ne cessent de diminuer depuis près de trois ans.

 « Plus fort ensemble », telle est la devise de la coopérative Noriap, qui mène depuis un an la plateforme d’essais Secure colza en lien avec le cabinet Agrosolutions (filiale InVivo) et RAGT Semences, présente Philippe Pluquet, responsable du service technique productions végétales de la coopérative, lors d’une conférence de presse organisée le 8 avril 2021. 

« – 35 % de surfaces en 3 ans »

Ce projet est parti d’un constat commun : « les surfaces de colza ne cessent de diminuer en France… On compte, cette campagne, 1 million d’hectares dans l’Hexagone, soit – 35 % en trois ans ». En cause principalement : « une implantation souvent mise à mal par les conditions sèches au moment des semis et la pression insectes importante, notamment des altises ». Pourtant, « la culture du colza présente de nombreux atouts tant agronomiques qu’environnementaux. C’est une tête d’assolement intéressante, et la première d’ailleurs dans les terres séchantes », précise Samuel Dubois, chef marché hybrides France chez RAGT Semences. Elle permet de « répartir les risques et d’alterner cultures de printemps et cultures d’automne », un point important dans la gestion des adventices notamment.   

Identifier les itinéraires techniques les plus adaptés

Les trois partenaires ont donc mis en place une plateforme d’essais commune en août dernier, à Quevauvillers (Somme). Objectifs : « explorer différentes possibilités pour sécuriser l’implantation du colza et voir quel intérêt économique elles présentent pour l’agriculteur en calculant le coût de chaque itinéraire technique », indique Alizée Loiseau, consultante chez Agrosolutions. Parmi les leviers techniques étudiés :

  • La date du travail du sol (deux dates différentes).
  • La date de semis : quatre dates ont été testées (7 et 24 août, puis 3 et 14 septembre) afin « d’étudier la dynamique de croissance du colza à l’automne et sa résilience vis-à-vis des bioagresseurs », ajoute Alizée Loiseau.
  • La fertilisation au semis : « diverses options ont été envisagées et croisées allant de l’absence à une fertilisation en NP starter localisée (100 kg/ha 18-46) en passant par l’utilisation de plantes compagnes (lentilles et trèfle d’Alexandrie) ». 

Si les partenaires donnent rendez-vous après la récolte pour les résultats définitifs, les observations et notations déjà réalisées permettent de tirer plusieurs enseignements.

« Être opportuniste »

Le principal : «  être opportuniste et se tenir prêt à semer tôt », dès qu’une fenêtre météo le permet, indique Alizée Loiseau. Il faut donc aussi « prévoir le travail du sol. Une bonne anticipation de l’implantation permet de limiter l’assèchement du sol juste avant le semis ». Avec un semis précoce, le but est que « le colza atteigne le stade 4 feuilles avant l’arrivée des altises ». Sur la plateforme, « le semis du 7 août a notamment bénéficié de 40 mm entre le 12 et le 13 août », précise Philippe Pluquet. « Ces précipitations ont d’ailleurs fortement encouragé les agriculteurs du secteur, qui hésitaient à semer du colza ». 

À noter aussi : « la fertilisation starter permet d’ améliorer la croissance du colza en début de cycle et les plantes compagnes d’apporter de l’azote aux colzas en sortie d’hiver ». « Ces dernières, via un effet de concurrence, poussent les racines du colza à explorer des horizons plus profonds, explique Nicolas Latraye, ingénieur régional Hauts-de-France chez Terres Inovia. Cela favorise aussi l’accès à l’eau. » 

Les plantes compagnes peuvent également agir comme un « leurre pour les insectes ». Une attention particulière doit toutefois être portée quant au choix des espèces et à leur maîtrise dans la culture. Cette année sur la plateforme, « les lentilles et le trèfle d’Alexandrie ont été détruites par le gel ». Les essais ont permis aussi de « montrer que les plantes doivent être semées tôt (avant le 20/08 pour le secteur) pour qu’elles aient un intérêt. Sinon elles n’auront pas le temps de se développer comme il faut ». 

T : témoin ; FS : fertilisation starter ; FS + PC :  (©Agrosolutions/Noriap/RAGT Semences)

À l’inverse, une date de semis de colza tardive peut également être favorable en « évitant les vols d’altises. Il convient alors d’adapter l’itinéraire technique en fonction ». Résultats à suivre en aout 2021 !