Quels impacts de la canicule de mai sur les céréales à paille ?
TNC le 29/05/2026 à 11:14
Jean-Claude Deswarte d’Arvalis fait le point sur les possibles conséquences du dôme de chaleur, qui s’est installé sur l’Hexagone depuis le 21 mai, pour les céréales en cours de floraison ou de remplissage.
« La vague de chaleur actuelle est inédite par la combinaison de sa précocité, de son intensité et de sa durée », met en avant Jean-Charles Deswarte, ingénieur au pôle écophysiologie d’Arvalis.
Après une première quinzaine de mai anormalement fraîche, le thermomètre a connu « une hausse spectaculaire des températures, avec un bond de près de 10°C en une semaine. Depuis les températures dépassent les 30°C sur l’ensemble du territoire ».
Des cultures déjà avancées
Ce coup de chaud intervient sur des céréales déjà avancées : dans le sud, le remplissage des grains est engagé, tandis que la floraison est encore en cours au nord. Selon les données de Céré’Obs (FranceAgriMer), 99 % des surfaces de blé tendre étaient épiées au 25 mai. La date médiane de ce stade présente 5 jours d’avance par rapport à 2025 et 9 jours d’avance par rapport à la moyenne 5 ans.
« La littérature scientifique évoque des avortements en cas de températures supérieures à 35°C lors de la fécondation, mais les températures annoncées restent en deçà de ce niveau au nord de la Loire, indique Jean-Charles Deswarte. La chaleur va donc en premier lieu accélérer le développement des plantes et la mise en place des grains dans les fleurs. Elle va également engendrer une demande évaporative très forte, qui va entrer en interaction avec le rechargement en eau des sols et la qualité des enracinements. »
Pour l’expert, il n’a pas de risque d’avortement au sud de la Loire. « La floraison est déjà terminée depuis 2 à 4 semaines selon les secteurs et la formation des grains est initiée depuis longtemps (proche du stade grain laiteux) ». Il craint plutôt « un phénomène d’échaudage sur les secteurs et parcelles les moins pourvus en eau, qui aboutirait à un remplissage « tronqué » des grains. L’accès à l’irrigation peut s’avérer utile pour limiter le stress des cultures dans ces situations ».
Face à cette semaine bien trop chaude @OlivierCOSTE2 vaut il mieux :
-un précoce (7) avec une note PMG à 7
-un 1/2 tardif (5,5) avec une note PMG à 6?33°C c’est insoutenable sans eau et sans ombre. Comment vont faire ces blés #Célébrity et #KWSGlobe ?
Quelle perte en 7j? pic.twitter.com/bhZvoaYJRy
— Emmanuel BONNIN (@BONNIN1402) May 26, 2026
« Des températures nocturnes aussi préjudiciables »
Au-delà des températures maximales, cet épisode se caractérise également par des nuits plus chaudes. « Ces températures nocturnes élevées peuvent être aussi préjudiciables que les fortes chaleurs diurnes parce qu’elles entraînent une hausse de la respiration des tissus », rappelle Jean-Charles Deswartes.
« La réponse à des fortes températures est par ailleurs conditionnée par un processus d’adaptation : une exposition progressive permet aux plantes d’adapter leur métabolisme au niveau moléculaire, même si ce processus est mal caractérisé à l’échelle du couvert au champ. Mais les conditions d’élévation brutale des températures depuis la semaine dernière ne semblent pas adaptées à la mise en place d’une acquisition efficace d’une thermotolérance des céréales. »