Una vague de chaleur inédite aux conséquences encore inconnues sur les cultures


TNC le 27/05/2026 à 18:00
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Les températures actuelles sont inédites en France à cette époque de l'année. (© Guenter Albers/adobe stock)

La précocité de la vague de chaleur en cours devrait impacter les cultures en place, mais difficile de connaître l’ampleur de cet impact en raison du caractère inédit de ces températures.

« On est face à une situation inédite. Les cultures sont confrontées à des températures jamais rencontrées par le passé à cette période de l’année », pointe Iñaki García de Cortázar-Atauri, agronome et directeur de l’unité AgroClim, de l’Inrae, lors d’un webinaire ce mercredi 27 mai.  

La vague de chaleur actuelle est exceptionnelle par sa précocité. Elle s’inscrit aussi dans des débuts de cycle qui étaient eux-mêmes en avance.

Pour les cultures semées à l’automne, comme le blé, l’orge ou le colza, si le début du cycle se situait autour de la normale, cela s’est accéléré depuis mars. Les précipitations importantes jusqu’en février ont ensuite plafonné. L’agronome pointe notamment un déficit important de précipitations dans le nord-est de la France.

Difficile maintenant de connaître l’impact des fortes chaleurs relevées cette semaine sur ces cultures.

« On peut anticiper que les cultures d’hiver, en phase de maturation des grains, pourront être impactées par cette chaleur. La récolte pourrait aussi être très précoce. ». Mais niveau qualité et quantité, impossible de se prononcer pour le moment. « Nous n’avons pas encore de connaissance et de visibilité sur les conséquences de cette vague de chaleur précoce », explique l’agronome. Cette situation inédite n’a en effet pas été étudiée.

Risque d’asséchement de la végétation

De son coté Sébastien Poncelet, analyste spécialiste des marchés des céréales chez Argus Media, explique à l’AFP que dans une large partie de l’Europe de l’Ouest, « la moitié des blés est en stress thermique. D’un côté, on a des réserves d’eau dans les sols – après les pluies de début mai – et de l’autre, on a de fortes températures alors que le blé est selon les zones en fin de floraison ou en période de remplissage des grains ». « Tout cela génère de l’inquiétude » quant aux rendements de la moisson attendue cet été, mais « on manque de référence sur ce type de phénomène pour pouvoir déjà évaluer les conséquences », souligne-t-il.

Pour les cultures de printemps, « on est depuis le 1er avril sur un déficit de précipitations assez marqué. Cela est particulièrement le cas sur la partie centrale de la France, mais aussi le nord-est », complète Iñaki García de Cortázar-Atauri. À ces déficits s’ajoutent des températures très élevées pour la saison. Depuis le 1er avril, l’anomalie des températures est positive sur l’ensemble de la France par rapport à la normale 1991-2020 : de 0,6 à 2,8 degrés de plus. La façade ouest du pays est particulièrement impactée. « Les cultures de printemps se retrouvent avec des cycles accélérés. »

Enfin, « le déficit d’eau et les fortes températures pourraient provoquer un asséchement soudain de la végétation d’ici quelques jours », alerte l’agronome de l’Inrae.