Enquête Arvalis-AGPM-FNPSMS

Pas de « solution miracle » pour lutter contre les dégâts de sangliers


TNC le 20/02/2020 à 11:26
La clôture électrique est le levier le plus utilisé dans la lutte contre les dégâts de sangliers. (©TNC)

La clôture électrique est le levier le plus utilisé dans la lutte contre les dégâts de sangliers. (©TNC)

Plus de 800 agriculteurs ont répondu à l'enquête lancée, en novembre dernier, par Arvalis, l'AGPM et la FNPSMS. L'objectif : « recenser les pratiques mises en œuvre pour limiter les dégâts de sangliers ».

Comme le soulignent les résultats de l’enquête, le maïs est la principale culture concernée par les dégâts de sangliers, « quelle que soit la production : grain, fourrage, semences, doux ou pop-corn ». Viennent ensuite les cultures de  blé tendre, colza et orge d’hiver. « Les autres cultures ne sont pas indemnes, mais les dégâts semblent moins significatifs », précise Jean-Baptiste Thibord, responsable du pôle ravageurs d’Arvalis-Institut du végétal.

Cultures les plus concernées par les dégâts de sangliers en 2019. (©Arvalis-Institut du végétal)

Des méthodes de protection variées

Deux-tiers des répondants indiquent « mettre en place une ou plusieurs méthodes de protection pour la culture de maïs ». Parmi les leviers les plus utilisés : la mise en place d’une barrière physique pour près d’un cas sur deux : « il s’agit le plus souvent d’une clôture électrique. […] Les agriculteurs mettent également en place l’effarouchement ou l’agrainage, et ceci souvent en complément d’autres actions de lutte », ajoute Jean-Baptiste Thibord.

« Près d’un agriculteur sur six applique un produit sur les semences, dont majoritairement avec un produit de la gamme PNF ou avec du piment. Parmi les utilisateurs d’un produit PNF, près d’un agriculteur sur deux juge l’efficacité à un niveau moyen à bon, et bon nombre signale des problèmes de sélectivité. L’utilisation de piment semble un peu plus satisfaisante avec près de trois-quarts des agriculteurs jugeant cette solution comme moyenne à bonne ».

Autre méthode citée par moins de 10 % des répondants : « l’application d’un produit en bordure de la parcelle ou sur des passages de sangliers. Le seul produit qui était encore homologué en 2019 pour protéger les cultures contre les dégâts de sangliers, Stop Sangliers Plus, est très peu utilisé par les personnes ayant répondu à l’enquête (ce produit ne sera bientôt plus autorisé) ». Les agriculteurs répandant également des cheveux ou du parfum. Ces techniques sont cependant peu représentées dans l’enquête et « les avis sont très partagés à ce sujet ».

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« Aucune solution unanimement satisfaisante »

« Face à la recrudescence des dommages, les agriculteurs mettent souvent en œuvre plusieurs leviers dont l’efficacité fait débat. Aucune solution, ou combinaison de solutions ne s’avère unanimement satisfaisante », commente Jean-Baptiste Thibord.

De plus, chaque technique a ses spécificités : les clôtures demandent « beaucoup de moyens et de temps pour assurer leur bon fonctionnement ». À noter aussi : « leur efficacité semble décroître dans le temps ou dans le cas d’une augmentation des parcelles protégées par ce moyen à proximité ». Concernant les produits appliqués sur semences, « beaucoup d’utilisateurs mettent en garde sur les problèmes constatés lors du semis (problème de fluence) ou au cours de la levée (problème de sélectivité) ».

Méthodes de lutte contre les sangliers mises en œuvre par les agriculteurs enquêtés et leurs niveaux de satisfaction. (©Arvalis-Institut du végétal)

Les agriculteurs ont cité d’autres facteurs pouvant entrer en jeu comme « l’éventuelle influence du travail du sol de la parcelle (semis direct, agriculture de conservation, etc.) ou de la sensibilité des variétés de maïs ».