Congrès de l'AGPM

Le maïs français est compétitif, mais la hausse des charges inquiète


TNC le 16/11/2021 à 18:01
D'après FranceAgriMer, 83 % des maïs français étaient récoltés au 8 novembre, contre 97 % l'an dernier à la même date. (©Pixabay)

D'après FranceAgriMer, 83 % des maïs français étaient récoltés au 8 novembre, contre 97 % l'an dernier à la même date. (©Pixabay)

L'Association générale des producteurs de maïs (AGPM) revient sur le contexte de prix favorable pour le maïs français mais alerte sur la hausse des charges. En particulier, les niveaux de prix des engrais azotés inquiètent pour la saison à venir.

Le congrès national de l’AGPM, les 9 et 10 novembre à Tours (Indre-et-Loire), a permis aux producteurs de maïs de faire le point sur les marchés. La situation est bien sûr marquée par les niveaux de prix très élevés dans le monde en général et en France en particulier, « du fait d’ un bilan mondial du maïs qui reste en tension », note le syndicat dans un communiqué.

Elle revient sur la reconstitution des stocks « limitée » chez les quatre principaux exportateurs que sont les États-Unis, l’Argentine, l’Ukraine et le Brésil, sur la demande « qui reste forte et portée par la reprise de l’économie mondiale », sur « des échanges mondiaux dynamiques avec des achats chinois qui ont atteint un record en 2020/2021 et qui devraient se maintenir à un bon niveau pour la campagne actuelle. »

Dans un contexte de prix élevés, le maïs français est compétitif

En conséquence, l’AGPM table sur des cours du maïs qui « devraient rester élevés au moins jusqu’au printemps 2022, période à laquelle seront récoltées les premières récoltes sud-américaines ». La physionomie des cours dépendra alors du bilan mondial à venir, lui-même conditionné par la météo en Argentine et au Brésil, où les surfaces implantées en maïs sont « en forte hausse ».

Les cours du maïs français ont de leur côté atteint des niveaux élevés « qui n’avaient plus été observés depuis 2013 », renforcés par « le retard de la récolte », « alors que la demande est présente » en alimentation animale et à l’export sur le marché européen. L’AGPM estime que les prix pourraient baisser avec la progression de la récolte, mais de façon limitée au vu des prix élevés du blé.

Elle ajoute : « le maïs français reste compétitif face à ses concurrents de la Mer noire et notamment face à l’Ukraine qui, malgré une bonne récolte, reste handicapée face à l’origine française par la forte hausse des coûts du fret ».

La hausse des charges suscite l’inquiétude

Malgré ces prix élevés et des rendements « au rendez-vous », les producteurs s’inquiètent de la hausse des charges. Pour la récolte 2021, la hausse des prix du gaz a notamment « fait augmenter les charges de séchage de l’ordre de 15 %, à point d’humidité constant, par rapport à 2020 ».

L’inquiétude est particulièrement vive pour la saison prochaine en ce qui concerne le coût de la fertilisation azotée. « Les prix des engrais ont été multiplié par 3 entre l’automne 2020 et l’automne 2021, rappelle l’AGPM. Cela entraîne pour la prochaine campagne une hausse des charges de fertilisation de l’ordre de 200 €/ha pour les producteurs de maïs français ».

Au-delà des prix, la profession craint des problèmes de logistique et des pénuries. Aussi demande-t-elle « une levée temporaire des barrières tarifaires à l’importation des engrais azotés », pour « limiter la hausse des coûts » et « sécuriser notre capacité d’approvisionnement ».

Pour suivre les évolutions des cours des matières premières agricoles, rendez-vous sur les cotations Agri Mutuel.