Lin fibre

Des paramètres à maîtriser dès le semis pour assurer la rentabilité


TNC le 25/02/2020 à 16:47
Maîtriser le peuplement du lin dès le semis pour assurer une régularité de la fibre. (©Gnis)

Maîtriser le peuplement du lin dès le semis pour assurer une régularité de la fibre. (©Gnis)

Dès le semis, les pratiques vont déterminer la régularité du libre et la rentabilité de la linière. Le Gnis rappelle donc les principaux points de vigilance à avoir : choix de la parcelle et des semences, conditions de semis, réglages du semoir, etc.

« Plus la balle sera homogène et sans défaut au teillage, plus le lin teillé sera valorisé. Les surfaces augmentent et malgré tout, il convient d’être vigilant dans les pratiques pour garder un haut niveau de qualité du lin et répondre aux attentes des filateurs et des tisseurs. Il n’y a pas que la finesse qui compte, pour eux c’est aussi la solidité, l’homogénéité et l’absence de défaut », indique le Gnis.

Il apparaît important de maîtriser le peuplement du lin dès le semis. Parmi les critères à surveiller donc, le choix de la parcelle : elle doit être propre et disposée d’une bonne structure de sol pour cette plante sensible. Sont à prendre en compte « les précédents laissant plus ou moins d’azote et d’oligoéléments essentiels, peu de résidus de matière organique et une parcelle « propre » ». Attention à maîtriser, par exemple, les graminées ou le liseron pendant la rotation.

Selon le Gnis, il convient de prévoir 6 à 7 ans entre deux cultures de lin et « de privilégier une céréale comme précédent ». « Si une interculture est implantée, il n’y a pas vraiment de règle quant au choix de l’espèce. Ce qui est important, c’est de s’assurer que le résidu de cette interculture ne vienne pas perturber le bon positionnement de la graine et le bon développement de la plantule ».

Soigner la préparation du sol « pour favoriser une levée rapide »

La préparation du sol est également primordiale pour assurer une levée régulière et rapide. Il faut alors « s’intéresser à l’état en surface mais aussi en profondeur » pour favoriser l’enracinement du lin. Le Gnis recommande de :

  • « Reprendre les terres en condition de sol bien ressuyé à très bien ressuyé ».
  • « Vérifier l’humidité sur toute la profondeur du sol sur environ 25 cm »
  • « Ne pas laisser un sol « soufflé », préparer une terre fine et régulière en surface et rappuyer en profondeur. Tout cela favorisera une levée régulière ».

Même s’il est difficile de prévoir les conditions météo, « une levée rapide et peu de mottes en surfaces » contribuent aussi à limiter les dégâts ou la présence des altises.

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Utiliser de bonnes semences et à la bonne dose

Le Gnis met en avant aussi le fait d’utiliser de bonnes semences. « En lin, les exigences sont fortes et par exemple la norme officielle du taux de germination est particulièrement élevée. » Cinq maladies sont contrôlées dans le cadre de la certification des semences  : « l’alternaria, le botrytis, le colletotrichum, le fusarium et le phoma. Les résultats de ces analyses montrent que globalement sur plusieurs années, il est constaté une quasi-absence de maladie pour les semences certifiées de lin high tech ».

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Autre point d’attention : la densité de semis. « L’optimum du peuplement à la récolte dépend de nombreux facteurs maîtrisables ou non (type de sol, région, matériel et pratiques, conditions climatiques…). Mais une fois celui-ci déterminé, il est nécessaire de convertir cet objectif de peuplement en dose de semis », rappellent les experts du Gnis. Attention aussi à ajuster la dose de graines à semer en fonction : des conditions de semis, de la date de semis (pour un semis précoce, augmenter la dose) et de la taille des graines (par exemple pour les semences avec un poids de 1 000 grains inférieur à 5,5 g, augmenter de 5 % la dose).

Densités de semis du lin recommandée en fonction du PMG. (©Gnis)