Alternative aux produits chimiques

Des semences désinfectées avec de la vapeur d’eau, une première en France


TNC le 13/05/2019 à 09:35
Le procédé de désinfection des semences par la vapeur d'eau se déroule en deux phases : les semences passent dans un tunnel en lit fluidifié, rempli de vapeur d’eau. Puis l'étape de refroidissement et de séchage rapide est réalisée dans un second tunnel. (©Terre de lin)

Le procédé de désinfection des semences par la vapeur d'eau se déroule en deux phases : les semences passent dans un tunnel en lit fluidifié, rempli de vapeur d’eau. Puis l'étape de refroidissement et de séchage rapide est réalisée dans un second tunnel. (©Terre de lin)

Développé par ThermoSeed depuis 1996, le procédé de désinfection des semences par la vapeur d’eau prend de l’ampleur. Le 30 avril dernier, Terre de lin inaugurait la première ligne en France, sur son site de Saint-Pierre-le-Viger (Seine-Maritime). Avec cette technique respectueuse de l’environnement, la coopérative obtient « des résultats au moins égaux aux traitements chimiques ».

Terre de lin vient d’inaugurer sa nouvelle ligne de désinfection de semences par la vapeur d’eau sur son site de Saint-Pierre-le-Viger en Seine-Maritime. C’est une « première en France toutes espèces confondues », présente Guillaume Hemeryck, président de la coopérative. Avec sa démarche de «  naturalité », Terre de lin souhaite proposer à ses adhérents « des solutions respectueuses de l’environnement », notamment en ce qui concerne les semences.

Une alternative au traitement chimique des semences

« Les semences récoltées présentent toujours des pathogènes qui compromettent la germination et le développement de la plante », explique Jean-Paul Trouvé, responsable recherche Terre de lin. Pour être certifiées, « elles doivent répondre à des seuils maximums d’infestation par ces pathogènes comme la fusariose, le botrytis, l’ alternaria ou le phoma. Leur état sanitaire est géré jusqu’à présent avec l’application d’un traitement chimique. Mais le manque de solutions phytosanitaires inquiète la filière lin ». Depuis plusieurs années, la coopérative recherche donc de potentielles alternatives. « Huiles essentielles, biocontrôle, flash lumineux, e-bean… : ces différentes solutions se sont avérées sans résultats concluants ».

À lire : Reportage en Seine-Maritime – Jean-Baptiste Vin conduit huit hectares de lin en « zéro phyto »

La coopérative travaille depuis quatre ans sur la technologie ThermoSem, développée par la société ThermoSeed en 1996. Les tests mis en place avec la désinfection par la vapeur d’eau présentent « des résultats au moins égaux au traitement chimique » sur les différents pathogènes du lin. Cette technique « reproduit l’ action bénéfique du traitement à l’eau chaude sans les inconvénients associés (perte de vigueur, difficulté d’ajustement et nécessité de re-sécher les semences », selon Arvalis-Institut du végétal. Côté process, deux étapes sont nécessaires : « les semences passent d’abord dans un tunnel en lit fluidifié, rempli de vapeur d’eau. Puis un refroidissement et un séchage rapide sont réalisés dans un second tunnel », explique Gustaf Forsberg de la société ThermoSeed. « L’intensité du procédé est adaptée pour chaque lot de semences. Elle combine quatre facteurs : température, durée, humidité et débit de l’air ».

Terre de lin : « porte-drapeau de cette technique »

Pour la campagne 2019, la coopérative a produit 10 % de ses semences par ThermoSem (rythme de 8 tonnes/heure pour le lin), ce qui représente 500 tonnes. « En 2020, elles devraient représenter 40 % du total et être majoritaires dès 2021 », déclare Cyril Delacroix, responsable semences de la coopérative. « Les résultats de certifications fournis par la Snes (Laboratoire national d’analyse de la qualité des semences) confirment les bons résultats obtenus lors de la période de test. De plus, nous avons constaté des levées de qualité chez les 200 agriculteurs ayant utilisé des semences ThermoSem ».

Les résultats de la Snes concernant la production 2019 confirment les tests réalisés depuis quatre ans par Terre de lin.  (©Terre de lin)

Sébastien Windsor, président de Terres Inovia, « salue l’exemplarité de ce projet. Il est important de laisser du temps à l’agriculture pour trouver des solutions face aux défis actuels. […] Terre de lin doit maintenant être le porte-drapeau de cette technique pour les autres filières ».