« Les planteurs ont besoin de visibilité et de cohérence pour rester compétitifs »
TNC le 29/05/2026 à 16:35
La campagne betteravière 2025/2026 confirme le leadership européen de la France en matière de production de sucre. Mais la filière tire la sonnette d'alarme sur les fragilités du secteur : entre impasses techniques, coûts en hausse et pression réglementaire, Cultures Sucre appelle à des politiques publiques orientées vers la compétitivité.
D’après le bilan de la campagne sucrière 2025/26 publié fin mai par Cultures sucre, association regroupant les planteurs de betteraves sucrières et les fabricants de sucre français, la filière confirme sa place de premier producteur européen et se maintient au neuvième rang mondial, « malgré un contexte agricole en crise et une compétitivité menacée ».
La production française de sucre a atteint 4,64 Mt, une performance dans la moyenne des dernières années. 36,3 Mt de betteraves sucrières ont été récoltées sur 397 389 ha, soit plus de 3,4 Mt supplémentaires par rapport à la campagne 2024/25. À cela s’ajoutent près de 1,8 Mt de cannes à sucre récoltées dans les DROM, sur 34 590 ha.
Au-delà de ces résultats solides, les représentants de la filière alertent sur une accumulation de pressions : aléas climatiques et sanitaires, hausse des coûts de production, pression réglementaire accrue, bouleversements géopolitiques.
« La filière betterave-sucre constitue un maillon essentiel de la souveraineté productive nationale », indique Cultures sucre. Elle fait vivre plus de 23 000 planteurs, « soutient de nombreux emplois industriels et indirects », et « contribue à une production locale, traçable et maîtrisée, tout en s’inscrivant dans une dynamique d’innovation ».
« Nous menons des expérimentations de terrain : évaluation variétale, surveillance et contrôle des maladies et ravageurs, développement de nouvelles pratiques agronomiques (…). Nous poursuivons en particulier les recherches de solutions de lutte contre les pucerons et la jaunisse : produits de biocontrôle, plantes compagnes, recherches de résistances variétales… », précise ainsi Vincent Laudinat, directeur général de l’ITB.
La filière s’est par ailleurs fixé une réduction de 35 % de ses émissions agricoles d’ici 2030 par rapport à 1990, et de plus de 80 % de ses émissions industrielles d’ici 2050.
Les pistes avancées comprennent le développement des cultures intermédiaires fixant le carbone, le recours à des intrants moins émissifs, l’intégration de biocarburants dans le GNR, l’électrification des engins agricoles et un plan de transition sectoriel, élaboré avec l’Ademe, axé sur l’électrification des sucreries et le recours à la biomasse.
Face à ces enjeux, les acteurs de la filière réclament un cadre réglementaire plus lisible et des politiques publiques « plus objectives, simplifiées et orientées vers la reconquête de la compétitivité ».