Le gouvernement précise les modalités de son guichet d’aide pour l’achat d’engrais azotés


TNC le 24/07/2026 à 16:35
Engrais

Les demandes d'aide sont à déposer sur le site de FranceAgriMer, à partir du 1er août prochain. (© Stéphane Leitenberger/Adobe Stock)

Comme annoncé le 9 juillet dernier, le guichet d’aide destiné à compenser une partie des surcoûts en engrais minéraux azotés des exploitations agricoles va ouvrir le 1er août 2026. Alors que le gouvernement vient d’en détailler les modalités d’accès, des organisations agricoles appellent à étendre la période d’éligibilité.

« Les agriculteurs ne doivent pas être laissés seuls face à l’envolée du coût des engrais azotés observée depuis le début de la crise au Moyen-Orient. Avec la mise en place d’un guichet exceptionnel, nous apportons une réponse concrète aux exploitations agricoles, notamment les plus touchées, afin de préserver leur trésorerie, leur capacité à produire et, au-delà, notre souveraineté alimentaire », estime la ministre de l’agriculture, Annie Genevard.

« L’aide donne droit au versement d’un montant de 50 €/t d’engrais éligible. Ce montant est bonifié à hauteur de 70 €/t pour les exploitations les plus exposées, dont les engrais pèsent plus de 10 % de leurs charges sur le dernier exercice clos avant le 31 décembre 2025 », rappelle le ministère de l’agriculture.

Une aide appliquée aux engrais minéraux azotés simples

Pour y accéder, les demandes sont à déposer sur le site de FranceAgriMer, qui ouvrira le 1er août 2026. La période d’éligibilité des achats d’engrais s’étale du 1er juin au 30 septembre. À noter « qu’un plancher d’aide de 750 € par exploitation sera appliqué et que l’aide sera plafonnée à hauteur de 50 % du tonnage d’engrais minéraux azotés achetés en 2025 ou lors de la période couverte par le dernier exercice clos en 2025 ».

Le gouvernement précise également les engrais éligibles : il s’agit des engrais minéraux azotés simples, soit « des produits composés d’azote pouvant contenir des éléments nutritifs secondaires (calcium, magnésium, sodium, soufre) et des oligoéléments, mais sans phosphore ni potasse : urée, ammonitrates, solutions azotées, autres engrais minéraux simples azotés ».

« Un point d’étape sera réalisé le 1er octobre, afin d’adapter le dispositif au regard de l’évolution des cours des engrais. »

Une demande pour élargir la période d’éligibilité

Comme l’exprimaient les agriculteurs dans un sondage publié sur Terre-net la semaine dernière, les modalités de mise en œuvre ne semblent pas correspondre aux besoins du terrain. Dans un communiqué commun du 24 juillet, la Coopération agricole, l’Afcome et NégoA appellent le gouvernement à « élargir la période d’éligibilité du 1er mars et a minima jusqu’au 31 décembre 2026. La période retenue pour le moment ne couvre pas pleinement les pratiques d’approvisionnement des exploitations agricoles ».

« La date du 30 septembre 2026 est trop restrictive au regard des délais de commande, conditionnement, livraison et facturation observés sur le terrain, précisent les trois organisations. L’enveloppe de 145 millions d’euros, permet de couvrir l’achat de près de 2 millions de tonnes d’engrais mais le délai imparti est beaucoup trop court pour permettre à la filière d’absorber de tels volumes. »

« Par ailleurs, cette échéance n’est pas compatible avec certains modes d’approvisionnement, notamment les dispositifs de prix moyen de campagne mis en œuvre par certaines coopératives, dont la facturation intervient par nature en fin de campagne d’approvisionnement, bien après le 30 septembre. »

De plus, en concentrant les achats sur une période aussi courte, « le dispositif crée mécaniquement un afflux de demande sur le marché des engrais. Les tensions restant très vives au Moyen-Orient, cette combinaison alimente la hausse des prix et affaiblit l’impact économique de l’aide destinée aux agriculteurs ».

1. Afcome : Association française de commercialisation et de mélanges d’engrais
2. NégoA : Fédération nationale des entreprises de négoce agricole