Nouvelle technologie

Huit robots FarmDroïd FD20 en action cette campagne dans l’Hexagone


TNC le 07/07/2021 à 15:35
Le robot FarmDroïd utilise les signaux GPS RTK pour le semis et le binage, il ne dispose d'aucune caméra.  La corde rouge tout autour de l'appareil permet la détection d'obstacles. (©Raphaël Deneuville)

Le robot FarmDroïd utilise les signaux GPS RTK pour le semis et le binage, il ne dispose d'aucune caméra.  La corde rouge tout autour de l'appareil permet la détection d'obstacles. (©Raphaël Deneuville)

Le robot FarmDroïd FD20 est arrivé en France, cette campagne. Complètement autonome, il a la capacité de prendre en charge, à la fois, le semis et le désherbage mécanique d'une culture. Raphaël Deneuville, technicien robotique chez Stecomat, nous en dit plus.

S’il fonctionne depuis trois ans en Allemagne, au Danemark et aux Pays-Bas, « c’est la première campagne pour le robot FarmDroïd FD20 en France. Huit modèles tournent actuellement sur le territoire, dont cinq achetés par des agriculteurs du Loiret, de la Marne et du Nord notamment et trois pour différents essais », indique Raphaël Deneuville, technicien robotique chez Stecomat (unique importateur de FarmDroïd en France). 

Les premiers retours semblent assez satisfaisants. Le robot FarmDroïd permet de minimiser, voire éliminer le recours au désherbage manuel, gros poste de charges notamment en betteraves sucrières bio (jusqu’à 250 h/ha parfois). À la base, développé au Danemark, pour cette culture, il a depuis, adapté pour d’autres : betteraves fourragères, oignons, chicorée, colza… C’est le premier robot entièrement autonome, qui est capable de prendre en charge, à la fois, le semis et le désherbage mécanique d’une parcelle. 

Comment ça marche ? 

Le robot FD20 n’utilise aucune caméra, il fonctionne en utilisant des  signaux GPS RTK : il enregistre l’emplacement de chaque graine sur chaque rang au moment du semis et effectue ensuite un  contrôle mécanique des adventices entre rang et sur le rang. Cette précision lors du semis permet de nettoyer la culture de très près et ainsi de minimiser, voire d’éliminer complètement le besoin de désherbage manuel. 

« Le but du robot est de ne jamais s’arrêter. Dès qu’il a terminé de biner un champ, il attaque de nouveau. Il vient détruire les adventices au stade filament blanc et empêche ainsi leur installation, précise Raphaël Deneuville. En moyenne, on peut envisager entre 8 et 12 passages de binage jusqu’à la couverture des feuilles, selon les parcelles, les régions et la météo. L’avantage de ce robot aussi, c’est que l’on peut réaliser un passage à l’aveugle, 4-5 jours après le semis, pour retarder justement le démarrage des mauvaises herbes ». En betteraves sucrières, il est généralement recommandé pour environ  20 ha. 

Un robot entièrement autonome

Pour son fonctionnement, « FD20 dispose de quatre  panneaux solaires connectés à deux batteries en lithium, qui permettent une autonomie continue de 24 h. Il est 100 % électriques et 100 % neutre en émissions de CO2 ».  En journée, l’énergie produite par le soleil est stockée permettant un travail continu pendant la nuit, et si jamais la batterie est vide, le robot stoppe son travail et le reprend au lever du jour. «  Seule la pluie peut l’arrêter, mais sa légèreté (850 kg) permet de reprendre plus vite le travail et il ne détruit pas la microstructure du sol. » À noter toutefois : il est important de réaliser une bonne préparation du sol, bien nivelée, avant le semis. 

Le robot est recommandé « pour des parcelles en pente allant jusqu’à 12 %. Des tests ont toutefois été réalisés jusqu’à 15 %, avec l’ajout de masses. Dans ce cas, FD20 fonctionne plutôt 22 h/24 », ajoute Raphaël Deneuville. Une application dédiée permet aussi de surveiller le robot sur téléphone ou sur ordinateur. Et en cas de souci, le propriétaire reçoit directement un message. 

Et du côté du porte-monnaie ?

Le prix d’un robot FarmDroïd FD20 est compris entre 80 000 et 100 000 euros, selon les équipements. D’après Raphaël Deneuville, « l’investissement peut être vite rentabilisé. Pour le moment, l’utilisation reste très orientée en agriculture biologique, même si quelques demandes arrivent également en conventionnel ».

« La rentabilité va, bien sûr, dépendre également des cultures pour lesquelles il est utilisé. Ça ira plus vite, par exemple, avec les oignons, qu’avec les betteraves, note le technicien. Des tests sont aussi en route pour des endives, de la chicorée et bientôt du colza ». Plus d’informations à suivre donc !