Après le G7 Agriculture, une réunion scientifique en décembre
AFP le 19/10/2026 à 18:25
Un échange sur les dépendances aux engrais et une réunion scientifique en décembre : les responsables agriculture des gouvernements du G7 se sont réunis lundi pour la 2e fois en quatre mois, alors que la guerre dans le détroit d'Ormuz continue d'affecter l'approvisionnement mondial en fertilisants.
« La succession des chocs auxquels nous sommes confrontés nous oblige à regarder en face la réalité. La résilience de nos systèmes agricoles et alimentaires est une question de souveraineté et de sécurité nationales. Notre objectif doit donc être de réduire durablement nos vulnérabilités », a déclaré la ministre française Annie Genevard, en ouvrant la réunion, qui a duré une heure.
Les prix des hydrocarbures, mais aussi des fertilisants, ont flambé depuis février avec la guerre dans le détroit d’Ormuz, d’où venaient environ un tiers des engrais de synthèse, poussant à la hausse les prix alimentaires dans le monde. Ce rendez-vous fait suite à un premier, virtuel, le 8 juin.Depuis, « la situation ne s’est pas améliorée », a déclaré Annie Genevard, dont le pays assure la présidence tournante du G7.
« Nous devons réfléchir à la sécurisation de nos approvisionnements, mais aller au-delà et travailler à améliorer la résilience de nos systèmes », a-t-elle dit aux journalistes à la sortie. Elle a évoqué une « ambition partagée par l’ensemble des pays » et qui « interroge la science, les innovations technologiques, l’agronomie », qu’il s’agisse par exemple d’utilisation plus efficace des engrais ou de pratiques favorables à la santé des sols.
Le 2 octobre un dialogue entre les responsables scientifiques agricoles des sept pays a été lancé. Une nouvelle réunion est organisée par l’institut de recherche français Inrae à Versailles les 3 et 4 décembre. Objectif, identifier « les priorités communes, les besoins de recherche et les pistes de coopération en matière de santé des sols et de gestion des nutriments », a indiqué le ministère. La poursuite de ce dialogue « pourra être envisagée à l’initiative des futures présidences du G7 ».
Un risque de crise alimentaire mondiale
Dans un communiqué commun, les grands syndicats agricoles des sept pays ont appelé « les gouvernements du G7 à soutenir les exploitations par exemple par des remises fiscales sur l’énergie et le diesel, et à renforcer la résilience de chaînes d’approvisionnement en intrants critiques ».
« Nous les appelons aussi à créer un environnement permettant une répercussion juste et appropriée des prix, en phase avec la hausse des coûts de production », ajoutent les sept organisations, dont la FNSEA, Coldiretti ou la National Farmers Union, qui déplorent « la résurgence de droits de douane » et autres barrières sources d’incertitude.
Aux côtés d’Annie Genevard se trouvaient ses homologues allemand Alois Rainer et canadien Heath MacDonald, le commissaire européen à l’agriculture Christophe Hansen, et quatre autres représentants à moindre niveau.
Interrogée sur un éventuel message de la France pour les États-Unis, à l’origine du conflit au Moyen-Orient, la ministre française a répondu que « les tensions géopolitiques étaient celles que nous connaissons aujourd’hui, mais [que] demain, il pouvait y en avoir d’autres ». « Il nous faut donc avoir une vision beaucoup plus prospective. Nous ne pouvons pas être dans une gestion permanente de crises », a-t-elle ajouté.
Au moment où les chocs se cumulent – guerres, désastres climatiques, phénomène El Niño -, l’ONU s’alarme d’un risque de crise alimentaire mondiale. Les pays du G7 se sont engagés jeudi depuis Bangkok à mobiliser 2,5 milliards de dollars d’aide aux pays en insécurité alimentaire, concentrée sur leur accès aux engrais.