Au Sénat, des associations appellent à soutenir un texte pour garantir 80 produits « à prix coûtant » au supermarché


AFP le 15/10/2026 à 08:30

Plusieurs associations ont appelé mercredi les sénateurs à soutenir une proposition de loi pour garantir la vente d'au moins 80 produits sains « à prix coûtant » dans les supermarchés, dont l'examen est programmé le 22 octobre à l'initiative des Ecologistes.

Défendu de longue date par une coalition d’une quarantaine d’associations de consommateurs, de patients et de défense de l’environnement, notamment Foodwatch et Familles rurales, ce texte a été déposé dans les deux chambres du Parlement par les élus écologistes. C’est le Sénat qui s’en emparera en premier le 22 octobre, lors de l’espace réservé aux textes du parti vert.

« La question du pouvoir d’achat et celle de la santé publique ne peuvent pas être laissées au bon vouloir d’entreprises » de la grande distribution, a déclaré lors d’une conférence de presse Karine Jacquemart, directrice générale de Foodwatch, une ONG qui milite pour la transparence dans le secteur alimentaire.

Elle s’exprimait aux côtés du député Boris Tavernier et de la sénatrice Antoinette Guhl, qui portent tous deux cette initiative au Parlement.

80 produits

Leur texte, qui risque d’être rejeté au Sénat par la majorité acquise à la droite, prévoit d’imposer aux distributeurs la mise en place d’un « panier » d’au moins 80 produits « contribuant à la protection de la santé publique », à un prix « n’excédant pas leur prix coûtant », c’est-à-dire en incluant les charges liées à la distribution. L’obligation couvrirait seulement les grandes surfaces (magasins de plus 400 m2).

Les deux parlementaires s’attaquent à un déséquilibre observé dans les marges de la grande distribution, qui sont parfois particulièrement élevées sur des produits de première nécessité comme les légumes, et beaucoup plus faibles sur des produits d’appel souvent assimilés à la « malbouffe ».

Une « péréquation des prix » déjà critiquée par une commission d’enquête sénatoriale sur « les marges des industriels et de la grande distribution » dans un rapport publié en mai.

« Nous voulons inverser les choses en instaurant des prix coûtants sur les produits sains, quitte à ce que le distributeur se rattrape ensuite sur les produits ultratransformés », a expliqué Antoinette Guhl, assurant que « personne n’y perdra ».

« 80 produits sur les 6 000 références qui existent, ce n’est vraiment pas grand-chose. Ca ne coûte pas d’argent à l’État, ça ne viendra pas grever les profits des distributeurs », a expliqué Nadia Ziane, directrice du département consommation de l’association Familles rurales, appelant « l’ensemble des partis politiques à entendre cet appel à l’aide ».

Avant les débats dans l’hémicycle le 22 octobre, le texte a été rejeté mercredi en commission des Affaires économiques, le rapporteur Les Républicains Marc Séné pointant notamment la difficulté à « calculer et contrôler » la notion de « prix coûtant » et déplorant les « atteintes disproportionnées à la liberté du commerce ».