La France remet à l’UE son plan pour restaurer la nature
AFP le 15/10/2026 à 10:00
La France a remis à la Commission européenne sa feuille de route nationale pour restaurer les écosystèmes dégradés, qui doit être finalisée d'ici la fin août 2027 et nécessitera de trouver jusqu'à 2 milliards d'euros par an, a annoncé le gouvernement.
L’Union européenne avait adopté en 2024 une législation sur la restauration de la nature visant à enrayer le déclin de la biodiversité en réparant les écosystèmes abîmés et en préservant forêts, cours d’eau et terres agricoles.
Le texte impose aux Vingt-Sept d’instaurer d’ici 2030 des mesures de restauration sur 20 % des terres et espaces marins à l’échelle de l’UE, puis d’ici 2050 sur l’ensemble des zones qui le nécessitent.
Le plan français de restauration de la nature a été « remis à la Commission européenne en fin de semaine dernière », a indiqué la ministre française de la transition écologique Monique Barbut, lors d’une audition à l’Assemblée mardi soir. Une version finalisée doit être adoptée « avant septembre 2027 », a précisé son entourage mercredi. D’ici là, le texte encore soumis à la consultation de diverses instances et du public, « peut encore évoluer », selon cette source.
Le coût de mise en oeuvre du plan est estimé par le gouvernement entre 4,6 et 5,2 milliards d’euros par an.
« En face de ces coûts sont à prendre en compte environ 3,1 milliards d’euros d’ores et déjà mobilisés », si bien qu’il reste « un besoin de financements à combler compris entre 1,5 et 2,1 milliards d’euros », précise un document du gouvernement publié mercredi.
Pour cela, Monique Barbut souhaite « pérenniser les moyens existants, notamment ceux issus de l’Union européenne » et « continuer à mobiliser des financements issus du secteur privé ».
Réduire les phytos et les engrais minéraux
Concrètement, le plan fixe des « cibles de restauration », en déterminant par exemple des surfaces à restaurer ou des indicateurs de biodiversité. « Le déclin des populations de pollinisateurs et d’oiseaux communs agricoles devra être stoppé d’ici 2030 », indique par exemple le gouvernement.
Concernant l’agriculture, le plan français prône la réduction « des produits phytopharmaceutiques et des engrais minéraux, ciblée sur les zones à enjeux eau et biodiversité ». Il veut accompagner « la transition agroécologique sur 4 millions d’hectares d’écosystèmes agricoles ».
« En l’état le plan se borne à articuler des politiques publiques existantes en matière de biodiversité », déplorent cependant plusieurs associations (France nature environnement, LPO…) dans un communiqué. Elles souhaitent qu’il bénéficie « d’un portage politique fort », avec « des objectifs précis, assortis d’un calendrier, de financements pluriannuels et d’indicateurs permettant de mesurer les progrès réels ».