Avant 2050, des étés plus chauds, sans davantage de pluie en hiver en France


TNC le 09/10/2026 à 15:30
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Les précipitations ne devraient pas être particulièrement plus abondantes en hiver dans les prochaines décennies en France. (© Adobe Stock_andreiuc88)

Si la hausse des températures moyennes va se poursuivre dans les prochaines années, les projections sur l’évolution des précipitations en France sont très incertaines. Miser sur plus d’eau en hiver apparaît ainsi comme « un pari risqué, voire une impasse », explique le climatologue Christophe Cassou.

Après un été 2026 hors normes, quel premier bilan peut-on tirer ? Le Haut-Commissariat à la stratégie et au plan a organisé le 30 septembre une webconférence consacrée aux leçons de 2026, revenant notamment sur la possibilité de revivre plus fréquemment des canicules et sécheresses similaires.

Premièrement, si l’évènement de cette année s’avère extrême, « il était dans la gamme des possibles, donc anticipable », explique Christophe Cassou, climatologue, directeur de recherches au CNRS et co-auteur du sixième rapport d’évaluation du Giec. « Si on regarde tous les rapports du Giec, on voit que l’on est sur la trajectoire qui était anticipée », indique-t-il.

Pas plus de pluie en France en hiver

Alors que l’on risque de connaître à nouveau ces températures au cours des prochains étés, pourra-t-on améliorer la gestion de l’épisode en stockant un surplus de précipitations pendant l’hiver ? « Il ne va pas plus pleuvoir en hiver en France sur les vingt prochaines années », prévient Christophe Cassou. Ce sera le cas, après 2050, « dans un schéma de très fort réchauffement avec + 4 degrés à la fin du siècle en France », c’est-à-dire si l’on a échoué à réduire le réchauffement climatique. « Et donc les précipitations seront le cadet de nos soucis, on aura franchi nos limites physiologiques », ajoute le chercheur. En l’état actuel des projections, le domaine des possibles est très grand avec des déficits de pluie allant de — 60 % à + 60 %, précise-t-il. Miser sur plus d’eau en hiver, constitue donc « un pari risqué, voire une impasse », prévient le climatologue.

2026, la norme en 2070

En parallèle, le climat que l’on a connu cet été deviendra-t-il la norme ? Oui, mais plutôt en 2070 : l’évènement sera alors peut-être décennal ou vingtennal, alors qu’il est centennal à l’échelle actuelle, explique Christophe Cassou. Néanmoins, la prochaine décennie pourra connaître des étés encore plus chauds, avec une moyenne à 25 degrés (contre 24 degrés en 2026), soit 70 à 75 jours de canicule en été (contre 53 cette année). Il faut donc considérer les probabilités de survenue de ce type d’étés, pour faire évoluer les stratégies d’adaptation, explique le climatologue.

Il s’agit d’aller vers « des politiques d’adaptation transformationnelles et systémiques », et non plus simplement incrémentales, en silo, ajoute-t-il. « Certaines activités ne peuvent pas se maintenir » avec l’évolution du climat, il est donc nécessaire de « mettre sur la table les gagnants et les perdants », afin de minimiser les pertes. « Le challenge, c’est de réformer la politique publique, sinon on court après l’adaptation au changement climatique tout le temps », sans jamais pouvoir anticiper, conclut-il.