L214 porte plainte contre l’abattoir de Perpignan
AFP le 27/08/2026 à 08:00
L'association de défense des animaux L214 a déposé mercredi une plainte contre l'abattoir de Perpignan, qu'elle accuse d'actes de cruauté, de sévices graves et de mauvais traitements, et le préfet des Pyrénées-Orientales a demandé une inspection.
Des vidéos et photos publiées sur le site internet de L214 montrent des animaux découpés vivants, des vaches égorgées sans étourdissement, des cochons frappés à coups de poing…
La plainte, que s’est procurée l’AFP, « relève que les animaux, à cause de ces infractions, connaissent une mort d’une extrême violence : ils paniquent et tentent de fuir, reçoivent des coups sans interruption, se débattent, relèvent la tête en montrant des signes de conscience, agonisent de longs moments, et sont découpés vivants et souvent conscients ».
L214 a enquêté au sein de La Catalane d’abattage, l’abattoir de Perpignan, entre mai et juillet, après un signalement.
L’association pointe aussi des infractions qui relèvent de la conception même de l’établissement, explique à l’AFP Sébastien Arsac, directeur des enquêtes. Par exemple, « l’immobilisation des animaux n’est pas suffisante. On voit des animaux qui arrivent à se dégager des pièges et à courir dans l’abattoir, ce qui amène à des situations complètement chaotiques : ils sont saignés au sol », explique M. Arsac.
Pourtant, « cet abattoir n’est pas une vieille structure en fin de vie. Il a été construit en 2015 », souligne un communiqué de L214. Contactée par l’AFP, l’entreprise n’avait pas répondu dans l’immédiat.
Le préfet des Pyrénées-Orientales, saisi par l’association, « a ordonné une nouvelle inspection complète de l’établissement. Celle-ci sera réalisée sans délai par les services de la direction départementale de protection des populations » (DDPP), indique la préfecture dans un communiqué.
« Au vu de la gravité des faits signalés, la direction de l’abattoir a décidé sans délai de mettre à pied les personnels directement mis en cause dans les faits présentés, à titre conservatoire », selon le communiqué.
Insuffisant pour L214 : « cet abattoir doit fermer », réclame M. Arsac. Selon lui, la direction du site « doit garantir la formation des employés, ou au moins s’assurer que les pratiques d’abattage sont conformes » au règlement européen, qui demande d’épargner aux animaux « toute souffrance évitable » lors de leur mise à mort.
La plainte précise que l’entreprise « bénéficie d’une certification Ecocert de production biologique ».