Action de L214 dans un hypermarché Carrefour contre l’élevage intensif
AFP le 20/06/2026 à 20:15
Des dizaines de militants de L214 ont envahi samedi les rayons du plus grand hypermarché Carrefour de France, en Seine-et-Marne, brandissant des photos de cochons, dindes ou poulets victimes du « recours massif à l'élevage intensif », a-t-on appris auprès de l'association et du groupe.
L214, association de défense des animaux utilisés comme ressources alimentaires, a mené cette action surprise dans l’hypermarché de Villiers-en-Bière près de Melun.
Sa porte-parole, Marine Le Tallec, 27 ans, jointe par l’AFP, a rapporté qu’une centaine de portraits d’animaux avaient été brandis solennellement dans les rayons de viande et charcuterie, tels ceux d’« un cochon mutilé dès sa naissance » ou d’« un lapin enfermé à vie ». L214 assure qu’ils ont été photographiés lors de ses enquêtes « dans des élevages approvisionnant directement Carrefour ou des marques vendues par l’enseigne ».
L’association entendait dénoncer « la mise à mort de plus de 100 millions d’animaux par an » pour les approvisionnements de Carrefour.
Pendant l’épisode de canicule en France, Marine Le Tallec a appelé à « ne pas oublier les animaux dans les élevages intensifs, tels les poulets qui supportent mal la chaleur et peuvent mourir par dizaines de milliers ».
« Diviser de moitié le nombre d’animaux tués permettrait de réduire de 35 % les gaz à effet de serre, mesure prioritaire pour lutter contre le réchauffement climatique », a-t-elle argumenté.
La directrice de L214, Brigitte Gothiere, 53 ans, a affirmé à l’AFP que « dans cet hypermarché immense, il y a un rayon jambon qui fait une dizaine de mètres, avec l’impression d’un très grand choix, alors que 95 % des cochons sont élevés de la même façon, sans aucun accès à l’extérieur, sur les sols ajourés (caillebotis), les truies enfermées dans des cases où les petits tètent à travers les barreaux ».
Sollicité en réaction, Carrefour a déclaré à l’AFP que « le combat pour le bien-être animal est essentiel pour mieux nourrir les Français mais ne doit pas servir de cheval de Troie pour diaboliser l’élevage ou imposer brutalement la fin de la viande à des millions de citoyens, comme nous le demande L214 ».
Deuxième distributeur français derrière E.Leclerc, le groupe a regretté d’avoir été ciblé par l’association, faisant par exemple valoir « l’affichage du score AEBEA (Association étiquette bien-être animal) sur son offre de poulet Carrefour ».
Le distributeur s’est cependant dit « prêt à coconstruire un plan global d’amélioration » avec l’association, assurant avoir déjà, « comme lui demandait L214, calculé son ratio de protéines végétales qui représente plus du tiers de ses ventes aujourd’hui ».