« Céder l’élevage laitier sans léser ni notre fils ni nous-mêmes »
TNC le 13/07/2026 à 08:41
Ne désavantager ni le fils ni les parents : Christelle, Samuel et Emmanuel Aubert veulent une transmission juste, côté cédant comme repreneur. Alors ils ont opté pour une cession/reprise progressive du foncier et des parts sociales.
« Faut pas qu’on le pénalise pour l’avenir, mais faut pas qu’on se pénalise non plus », argue dans une vidéo publiée sur la chaîne Youtube de Terrena, Christelle Aubert, 51 ans, éleveuse d’une centaine de vaches laitières en agriculture biologique, en Gaec avec son mari Samuel, âgé de 52 ans.
« Nous avons consacré toute notre carrière à l’élevage, nous ne pouvons pas non plus minimiser le travail que nous avons fourni », poursuit-elle. Leur fils, Emmanuel, 25 ans, les a rejoints sur l’exploitation en tant que salarié après son BTS agricole pour, d’ici quelques années, être associé au Gaec familial.
Pour « ne pas avoir à payer une grosse somme d’un coup », il prévoit de racheter les parts sociales au fur et à mesure, jusqu’à ce que ses parents partent à la retraite. De leur côté, ces derniers projettent de créer un groupement foncier agricole (GFA), qui sera détenteur des terres, pour « alléger » la partie foncière à reprendre.
« Il pourra investir dans l’outil de production »
« Emmanuel n’aura pas à acheter les terres dès le départ et pourra donc investir dans l’outil de production », fait remarquer Samuel. L’objectif de la famille Aubert : que la cession de l’élevage bovin lait soit « la plus sereine possible ». Alors ils s’y sont pris tôt pour « réfléchir au devenir de la ferme », le Gaec des 2 marronniers.
Terrena, la chambre d’agriculture et les centres de gestion le confirment : il faut s’y pencher au moins dix ans à l’avance. Ils le martèlent pendant la formation qu’ils organisent ensemble à destination des cédants. « Nous les sensibilisons aussi à l’organisation juridique de leur structure, de leur patrimoine, à la fiscalité », souligne Jean-Christophe Fracapane, responsable du service « relation économique adhérents » chez Terrena.
Il les invite également à se poser un certain nombre de questions : « Est-ce que je conserve du foncier pour avoir des revenus à la retraite ? Est-ce que je garde, loue ou vends les bâtiments ?, etc. » « Ce sont des points qu’il faut travailler pour faciliter la transmission de l’exploitation, faire en sorte qu’elle soit transmissible et donne envie » aux repreneurs potentiels, conclut-il.