« Restructurer l’exploitation pour transmettre plus facilement »


TNC le 09/07/2026 à 13:41
paysage-d-elevage

(© Pixabay)

Comme Jacques, ancien éleveur de bovins allaitants, Christine et Michel, qui élevaient des vaches laitières, ont repris des terres pour faciliter la transmission de leurs fermes. Ces derniers ont aussi réorienté leurs productions, de même que Frédéric, également producteur laitier, bientôt à la retraite.

« Quand je me suis installé il y a 30 ans, les exploitations partaient souvent à l’agrandissement, je ne voulais pas répéter ça, je voulais vraiment transmettre la ferme, donner une chance à des jeunes, qui peuvent avoir du mal à en trouver une, mes enfants ne souhaitant pas être éleveurs. Ma structure était un peu petite alors quand j’ai eu l’opportunité de reprendre un îlot juste à côté pour conforter une future installation sur l’élevage, je l’ai saisie. »

Reprendre du foncier

Retraité depuis trois ans, Jacques Loret, 63 ans, élevait des vaches allaitantes et veaux de boucherie sur une cinquantaine d’hectares. La repreneuse avait un projet caprin. Il lui a expliqué qu’il serait moins coûteux de garder les productions existantes. Finalement, elle a décidé de les conserver, mais sur une partie de la ferme, et un autre jeune a pu s’installer sur le reste.

Michel et Christine, frère et sœur, en société sur 55 ha et 350 000 l de lait, se sont posé la question de regrouper deux exploitations pour céder la leur plus facilement. Ils sont allés voir plusieurs voisins, bientôt à la retraite, sans que cela n’aboutisse. Au final, c’est avec un autre, qui n’avait que quelques terres en culture, que « ça s’est fait ».

Regrouper deux exploitations

« Nous avons réussi à faire coïncider nos dates de transmission et ramener ses terres dans notre parcellaire, ce qui a permis d’augmenter la SAU de 15 ha pour atteindre, au total, 70 ha », et consolider la structure pour qu’elle soit reprise derrière, racontent-ils. Les producteurs, qui ont cédé il y a six mois, avaient aussi une porcherie, sur un second site distant de 400 m.

Céder un seul atelier

Jugeant l’activité naissage peu pérenne, ils ont choisi l’engraissement de porcs à façon pour accroître « les chances de transmettre l’atelier laitier ». « Au fil de nos réflexions, nous nous sommes rendus compte qu’il était plus facile de transmettre une seule production, alors nous avons priorisé le lait », détaillent-ils.

La ferme, où Frédéric Chevalier, 53 ans, installé depuis une trentaine d’années, est en Gaec avec son frère jumeau et deux autres associés (son épouse y est salariée), compte 200 vaches laitières et 237 ha, sur deux sites. « On va être trois personnes à partir en même temps, on se dit qu’il vaudrait peut-être mieux séparer l’exploitation en deux. » Ils envisagent même qu’elle puisse prendre des « formes différentes ».

Envisager d’autres productions, systèmes, pratiques…

Autrement dit : que leurs successeurs s’orientent vers d’autres productions que les bovins lait, systèmes qu’herbager bio, pratiques, organisations juridiques, sociales, du travail… « En tout cas, nous ferons tout pour que ce soit durable économiquement, afin que les repreneurs puissent dégager un revenu suffisant », résume Frédéric. « Nous tenions à leur donner leur chance car nous, on était contents de s’installer sur l’élevage, c’était une vraie satisfaction », concluent Michel et Christine.

Source : Vidéos publiées sur la chaîne Youtube de Chambre d’Agriculture France