Canicule et sécheresse : la Chambre d’agriculture de Nouvelle-Aquitaine appelle au secours
AFP le 10/07/2026 à 09:32
La Chambre d'agriculture de Nouvelle-Aquitaine a réclamé jeudi « un plan de sauvegarde immédiat » pour une profession « au bord de la rupture » et en « détresse psychologique » face aux conséquences des canicules à répétition.
L’instance dirigée par le syndicat FNSEA dépeint un sombre tableau composé de « déficit pluviométrique », de « récoltes anéanties », d’élevages « en grande difficulté » et d’« exploitants épuisés ». « Il ne s’agit plus d’une crise conjoncturelle, mais d’une menace majeure pour l’avenir de l’agriculture régionale », résume la Chambre d’agriculture de Nouvelle-Aquitaine dans un communiqué.
Son président, Bernard Layre, réclame à l’État et à la Région, qui l’ont reçu mercredi, un « accompagnement » face « à cette catastrophe climatique », avec des mesures immédiates comme un « soutien massif » aux trésoreries par des avances ou des reports d’échéances bancaires et fiscales, et une aide des agriculteurs sur le plan psychologique et technique.
L’instance s’inquiète de « la détresse psychologique qui s’intensifie » dans les exploitations. Vendredi, 76 départements sont placés en vigilance orange canicule par Météo-France et neuf en rouge à l’Ouest, dont deux départements néo-aquitains, les Deux-Sèvres et la Vienne. D’après la Chambre, « jusqu’à 100 % de pertes » ont été recensés sur les maïs non-irrigués dans la région, la production de céréales est en recul de 20 à 30 % quand celle de tournesol est réduite d’un tiers.
Les élevages font aussi face à une « mortalité accrue », à des « problèmes sanitaires et à un manque de fourrages ». Dans la Creuse, où les sols sont asséchés, des exploitants ont déjà commencé à nourrir les animaux avec les foins prévus pour l’hiver. Après quatre mois consécutifs de déficit pluviométrique, les cours d’eau sont particulièrement bas dans ce département du Limousin, que les autorités ont placé dans sa quasi-totalité en état de « crise » hydrologique.
Le 3 juillet, la Chambre d’agriculture de Charente-Maritime et des Deux-Sèvres s’inquiétait elle aussi de « l’impact considérable des températures extrêmes » sur la production agricole, évoquant des fruits brûlés par le soleil, une baisse de la production laitière des vaches et des chèvres, ainsi qu’une augmentation de 10 à 20 % du taux de mortalité des agneaux.