145 M€ pour « acheter dès maintenant » les engrais et « sécuriser les semis »
TNC le 09/07/2026 à 09:46
Pour compléter l’enveloppe européenne de 107 M€ destinée à accompagner l’achat d’engrais, dans un contexte de flambée des cours liée à la guerre au Moyen-Orient, la ministre de l’agriculture a annoncé une participation de l’Etat pour porter le total des fonds à 145 M€.
« Achetez maintenant vos engrais et sécurisez vos semis grâce à cette aide », c’est le message d’Annie Genevard aux agriculteurs qui, pour une part importante d’entre eux, ne se sont pas encore couverts pour la prochaine campagne. Après avoir obtenu la mobilisation de la réserve de crise européenne et une enveloppe de 107 M€ (sur les 540 M€ au total) réservée à la France, la ministre de l’agriculture va compléter ces fonds pour une aide d’urgence atteignant au total 145 M€, a-t-elle indiqué le 9 juillet.
50 € par tonne ou 70 € par tonne suivant les exploitations
Le guichet, qui ouvrira le 1er août, concerne les achats d’engrais azotés simples, avec « des modalités pragmatiques », promet la ministre. Concrètement, deux niveaux de prise en charge existent : 50 € par tonne pour toutes les exploitations, une somme qui pourra passer à 70 € par tonne pour celles dont les dépenses en engrais dépassent 10 % de leurs charges.
Un minimum de 750 € est nécessaire pour être éligible à l’aide, afin de « concentrer le soutien sur les exploitations où le besoin est le plus fort », précise Annie Genevard. Par ailleurs, un volume maximum est fixé à 50 % des achats d’engrais azotés réalisés lors de l’exercice passé.
Les achats effectués du 1er juin au 30 septembre sont éligibles à l’aide, le dispositif pourra ensuite être adapté si nécessaire, indique la ministre.
A moyen et long terme : réduire la dépendance
Au-delà de l’urgence, le Gouvernement vise également la réduction de la dépendance aux importations, à travers le déploiement d’un plan engrais. L’objectif est de diminuer de 50 % la consommation d’engrais azotés via la réduction des usages et l’augmentation du recours aux engrais organiques. Le plan vise l’augmentation de 40 % des surfaces bénéficiant d’un bilan azoté entre 2020 et 2030, de réduire de 20 % le surplus brut d’azote d’ici 2030, de porter à 30 % la part des systèmes de production à bas intrants et d’atteindre 2,7 millions d’hectares de légumineuses cultivées d’ici 2030. Il s’agit également de renforcer l’usage des alternatives (biodéchets et effluents d’élevage) qui pourraient couvrir 22 % des besoins en azote.
Un dernier axe, présenté par le ministre délégué à l’industrie, Sébastien Martin, porte sur l’investissement industriel destiné à renforcer la production d’engrais azotés bas carbone en France. Un plan de 2 milliards d’euros à 10 ans, dont 620 M€ de fonds publics, sera ainsi déployé d’accompagner les projets d’ouverture d’usine, de modernisation, d’électrification et décarbonation, explique le ministre. Des investissements qui doivent permettre d’augmenter de 20 % la production française d’engrais azotés à horizon 2032.