Vers des stocks lourds en blé tendre et en maïs en cette fin de campagne 25/26


TNC le 26/06/2026 à 09:54
Silos

À fin avril, les stocks collecteurs dépassaient les moyennes historiques. (© Momentmal, Pixabay)

FranceAgriMer a revu à la hausse son estimation de la collecte française 2025/26 de blé tendre et de maïs, ce qui alourdit les stocks attendus en fin de campagne. Et les stocks de blé tendre en dépôt restent particulièrement importants en raison de la morosité des prix.

À fin avril, la collecte céréalière 2025/26 était déjà « largement réalisée », indiquait mi-juin Habasse Diagouraga, chargé d’études économiques sur le marché français des céréales à FranceAgriMer. Les taux de collecte cumulés atteignaient 86 % en blé tendre, 83 % en maïs, 81 % en orge et 89 % en blé dur : des niveaux élevés, stables par rapport aux deux campagnes précédentes.

FranceAgriMer a d’autre part revu à la hausse son estimation de la collecte française de blé tendre sur l’ensemble de la campagne de commercialisation, à 30,8 Mt, soit 393 000 tonnes de plus que la prévision de mai. Ce chiffre dépasse largement les 23,7 Mt de 2024/25 et la moyenne quinquennale de 29 Mt.

La collecte totale de maïs a elle aussi été révisée en hausse, à 12,1 Mt (+ 318 000 t par rapport à mai), un niveau stable par rapport aux campagnes précédentes.

Pourquoi ces relèvements des prévisions ? Dans plusieurs régions, des volumes stockés à la ferme, d’abord anticipés comme autoconsommés, ont finalement basculé en collecte au cours du mois écoulé. « Pour ces régions, on s’est dit qu’on allait sur les deux mois restants de la campagne largement dépasser la prévision totale de collecte, d’où la révision à la hausse », souligne le spécialiste.

Des stocks en dépôt importants en blé tendre

À fin avril, les stocks collecteurs demeuraient au-dessus des moyennes historiques : 4,7 Mt en blé tendre et 2 Mt en orge.

De leur côté, les stocks en dépôt (les grains appartenant aux agriculteurs et entreposés chez les collecteurs) restaient particulièrement élevés en blé tendre, à 1,5 Mt, ce qui « suggère une commercialisation encore incomplète », note FranceAgriMer. « Les prix sont bas, les agriculteurs attendent de meilleures conditions de marché pour vendre », commente Habasse Diagouraga.

Malgré des débouchés solides – les utilisations totales en blé tendre approchent 30 Mt, niveau particulièrement élevé, portées par la fabrication d’aliments du bétail et les exportations –, la révision haussière de la collecte alourdit par ailleurs les stocks attendus à la fin de la campagne de commercialisation 2025/26.

Le stock final de blé tendre (stocks collecteurs, fabricants, meuniers, amidonniers et silos portuaires confondus) est ainsi désormais attendu à 3,5 Mt en fin de campagne, un niveau inédit depuis 2004/05 (4,8 Mt) : + 41 % par rapport à la campagne 2024/25, et bien au-dessus de la moyenne quinquennale de 2,7 Mt.

La tendance est identique en maïs : malgré des exportations dynamiques, le stock en fin de campagne est attendu à 2,5 Mt, contre une moyenne quinquennale de 2 Mt.