« Sans irrigation, l’agriculture est condamnée à la décroissance »
TNC le 08/06/2026 à 18:19
Dans la Tribune du Dimanche, les présidents des chambres d’agriculture, de la FNSEA, de JA, de la Coopération agricole, de la CNMCCA et d’Irrigants de France défendent l’importance de l’accès à l’eau pour assurer la production agricole et l’alimentation.
« L’eau, source de vie ! L’alimentation aussi ! », défendent les présidents de six organisations agricoles dans un texte paru le 7 juin dans la Tribune du Dimanche. Alors que le Sénat doit désormais se pencher sur la loi d’urgence, votée par l’Assemblée nationale le 2 juin, la question clivante du stockage de l’eau, en partie évoquée dans le projet de loi, pourrait revenir au cœur des débats.
« Chaque fois qu’on parle de stocker l’eau qui tombe en excès en hiver et au printemps ou de sécuriser la production agricole en irrigant les cultures, une partie de l’opinion s’agite comme si on proposait de bétonner la France entière », déplorent ainsi les représentants agricoles (Sébastien Windsor, président de Chambres d’Agriculture France, Laurent Poupart, président de la CNMCCA, Arnaud Rousseau, président de la FNSEA, Eric Frétillère, président d’Irrigants de France, Pierrick Horel, président de Jeunes Agriculteurs, Dominique Chargé, président de La Coopération Agricole).
Assumer une gestion de l’eau ambitieuse
« Posons les choses clairement : sans irrigation, notre agriculture est condamnée à l’errance, à la dépendance et à la décroissance. La provenance de notre alimentation en serait déléguée à d’autres pays », préviennent-ils encore.
Face aux conséquences du réchauffement climatique, une « politique ambitieuse de l’eau » s’avère pourtant nécessaire, poursuivent-ils : une politique qui nécessitera des infrastructures, des retenues d’eau, des prélèvements. « Car l’eau, contrairement à ce que certains voudraient faire croire, ne disparaît pas. Elle se gère. Elle se respecte. Elle se partage. Et elle se stocke », expliquent les six présidents.
Ces derniers appellent ainsi les décideurs à faire preuve de « courage politique » pour permettre à l’agriculture française de répondre aux besoins de la France, au risque sinon, de « regarder nos champs se dessécher, nos agriculteurs périr et nos importations croître en applaudissant notre prétendue vertu ».