Chez Wouter de Praeter, la FCO a déjà affecté deux saisons de vêlages
TNC le 30/04/2026 à 05:35
Depuis l’arrivée de la FCO-3 en Mayenne, Wouter de Praeter, éleveur de Charolaises et de Blanc Bleu, enchaîne les difficultés sanitaires : vaccination d’urgence (pas toujours au bon moment), pertes au vêlage, réformes précoces… À tel point que la maladie a déjà bousculé deux campagnes de vêlage.
Des épizooties, Wouter de Praeter en a soupé. Éleveur de Charolaises et de Blanc Bleu en Mayenne, il a tour à tour expérimenté les différents variants et leur lot de complications. Dans le département, tout a commencé à l’automne 2024, lorsque la FCO-3 est arrivée depuis les Pays-Bas en traversant la moitié nord de la France.
« À mesure que la maladie se rapprochait, je cherchais à vacciner. Mais le temps de trouver des doses, la FCO était dans le troupeau », se remémore Wouter. Si bien que le vaccin est arrivé sur la ferme en même temps que la maladie. « Je ne le savais pas, mais je pense que j’ai vacciné des animaux porteurs » résume l’agriculteur.
12 veaux perdus sur 25 vêlages
La FCO-3 a fait de la casse. Arrivée en pleine saison de vêlage, elle a presque emporté la moitié des veaux d’automne. « Je n’ai réchappé que 13 veaux d’un lot de 25 vêlages ».
Selon les races, la maladie y allait de son inventivité. « En Blanc Bleu, j’ai des vaches qui sont montées en température. J’en ai eu une à 41,8°C. Le lendemain, elle avortait. » Du côté des Charolaises, les vêlages se sont relativement bien passés mais les vaches n’arrivaient pas à élever leur veau. « Les génisses étaient sèches, sans mamelle, avec des veaux qui n’avaient pas d’immunité. Il n’y avait rien à faire », regrette Wouter.
La seconde période de vêlages, au printemps 2025, a apporté un moment de répit. « Je pensais être débarrassé de la maladie » se remémore l’éleveur. Mais l’été s’est avéré particulièrement compliqué. « J’ai avancé le rappel au mois de juin, soit huit mois après la première injection, et j’en ai profité pour vacciner contre la FCO-8 et la MHE. Mais je pense que les bêtes ont chopé la maladie autour du moment où je vaccinais », conjecture Wouter.

Avortements en série
Si l’éleveur n’a pas constaté de signes cliniques, les retours en chaleur des vaches au pré lui ont mis la puce à l’oreille. Le contrôle de gestation annonçait 16 charolaises pleines sur un lot de 20 animaux. « J’ai fait revenir le technicien pour des échographies, et je me suis retrouvé dans la situation inverse. Je n’avais plus que 4 vaches pleines pour 16 vides ». La plupart avaient coulé. « Pour moi, elles ont attrapé la FCO après le vaccin, sur la période d’acquisition de l’immunité ». Si bien que pour la deuxième année consécutive, les vêlages d’automne se sont avérés particulièrement décevants.
Mais Wouter est optimiste pour 2026. Pour ne pas manquer les vêlages d’automne, il a pris les devants. « J’ai testé mes deux taureaux charolais pour être sûr qu’ils étaient bons… Comme j’ai eu beaucoup de retours de chaleurs, j’avais un doute ». Et les deux taureaux ont gagné le droit de reprendre leur emploi.
Anticiper la saison de repro 2026
Du côté des vaches, « je suis vacciné », ironise Wouter. Des rappels de FCO-3 et 8 sont prévus pour l’ensemble du troupeau. « J’hésite encore pour la MHE, il y en a eu peu l’an dernier et le vaccin est relativement cher… Mais les deux précédentes campagnes font réfléchir » lance l’éleveur. En plus de la vaccination, la désinsectisation vient en renfort. « Je fais un passage de désinsectisation toutes les trois semaines. À terme, je vais essayer d’alterner le chimique avec des méthodes plus naturelles, parce que je ne suis pas spécialement fan de ce type de produits. Il ne faudrait pas créer de résistances… Nous sommes sur un équilibre difficile à trouver ».
Mais même sans vague épizootique, la saison de vêlage 2026 est déjà impactée malgré elle. Sur la ferme, les effectifs sont en baisse. « J’ai réformé une partie des vaches vides. Cela m’a permis de racheter 5 bêtes, mais à 3 500 et 4 000 € la vache pleine, il faut de la trésorerie pour suivre » explique l’éleveur. Cette année, l’élevage de Praeter comptera donc 7 à 8 vêlages de moins. « Au global, la FCO aura affecté 3 campagnes ».
Les animaux sont également marqués par le passage de la maladie. « J’ai des vaches qui ont perdu en lait. Elles ont plus de difficulté qu’avant à élever leur veau… Ça a cassé le potentiel de certaines ».
Sur le plan économique, le coût de l’épizootie est difficile à chiffrer : « mieux vaut ne pas trop regarder » lance Wouter. « Il y a la dizaine de broutards de vendus en moins, quelques réformes qui compensent, mais le but n’est pas de décapitaliser… » Et surtout, « le stress » insiste l’éleveur. Pendant deux campagnes consécutives, Wouter a dû vacciner l’intégralité de ses animaux en pâture. « C’est très contraignant ».