« Les Cuma facilitent l’installation pour 80 % des agriculteurs »


TNC le 27/04/2026 à 07:37
transmission-adobe-stock-countrypixel

« La mécanisation met sous pression le modèle économique et la capacité des jeunes agriculteurs à vivre de leur métier », pointe la FNCuma. (© Countrypixel, Adobe Stock)

Charge de mécanisation et de travail allégées, entraide, intégration plus facile dans la vie locale... les Cuma présentent en effet de nombreux avantages pour les jeunes agriculteurs, selon une étude qui vient d'être dévoilée.

« 79 % des agriculteurs jugent que les Cuma facilitent l’installation agricole. » C’est ce qui ressort d’une étude menée en janvier-février 2026 par Entraid Médias et la Fédération nationale des Cuma (FNCuma) auprès de 1 752 professionnels du monde agricole. Les raisons sont d’abord économiques : adhérer à une Cuma « réduit, en moyenne, les charges de mécanisation de 17 % ».

Une économie bienvenue quand on vient de s’installer sur sa ferme, et qu’il faut supporter le coût de la reprise, voire d’éventuels investissements. La Fédération nationale des Cuma rappelle que « la mécanisation est le premier poste de charge des exploitations avec une hausse de plus de 45 % du prix des équipements en cinq ans et un taux d’endettement moyen des fermes atteignant 192 000 € ». « Elle met sous pression le modèle économique et la capacité des jeunes agriculteurs à vivre correctement de leur métier », ajoute-t-elle.

« 3 775 € économisés pour une presse de 49 000 € »

La FNCuma donne un exemple parlant pour illustrer ses propos : « une presse de 49 000 €, amortie sur 10 ans, coûte 4 900 €/an à l’exploitant qui l’achète contre 1 125 €/an s’il utilise celle que vient d’acquérir la Cuma » (hypothèse d’un besoin de 450 bottes/an facturées 2,5 € l’unité). Un gain annuel de 3 775 € : en effet, il n’y a pas photo ! « La mutualisation du matériel permet de gagner en compétitivité », appuie la fédération, ajoutant : « 92,4 % des personnes interrogées estiment que les Cuma sont le meilleur moyen de mutualiser les machines et outils agricoles ».

« Les Cuma sont les seules à permettre une mécanisation réellement partagée entre agriculteurs, à prix coûtant », souligne Marine Boyer, présidente. Lorsqu’elles disposent de chauffeurs, elles allègent en outre la charge de travail et mentale souvent importantes les premières années d’activité. 79 % des enquêtés également considèrent « qu’elles dynamisent les territoires » et 80 % qu’elles favorisent l’intégration locale.

« Des structures modernes et innovantes »

Autant d’atouts pour les jeunes installés en agriculture. Pour ces derniers, elles constituent un vrai « terrain d’accueil ». D’autant qu’elles véhiculent des valeurs d’entraide : pour 88 % des répondants, elles « renforcent la solidarité entre producteurs ». Par ailleurs, les Cuma sont des structures modernes et innovantes pour 75 % des agriculteurs et agricultrices et des actifs agricoles.

La FNCuma met, enfin, en avant les évolutions fiscales obtenues pour encourager ce modèle, en particulier le crédit d’impôt mécanisation voté au Parlement en 2026. « Depuis plus de 50 ans, la fiscalité encourageait plutôt l’équipement individuel. L’écart de soutien public reste malgré tout considérable : plus d’un milliard d’euros par an pour l’exonération d’impôt sur les plus-values versus 30 M€ pour le crédit d’impôt soit 0,03 %. »

Malgré ces avantages, « seul un agriculteur sur deux est adhérent à une Cuma et moins de 10 % du parc matériel est mutualisé », d’où un potentiel de développement substantiel. L’organisation insiste cependant : « sur le terrain, il n’y a pas que les Cuma mais plusieurs solutions complémentaires. » Pour accéder à certaines machines et outils et/ou externaliser des travaux, 90 % des agriculteurs font effectivement appel à la copropriété, l’entraide, les ETA, etc. « Dans un contexte où un agriculteur sur deux partira à la retraite d’ici quatre ans, ces résultats positionnent les Cuma comme un levier concret de politique agricole », conclut la Fédération nationale.