L’or maussade, l’aluminium de marbre, le café frappé
AFP le 14/03/2026 à 10:15
Le cours de l'or a continué de s'éroder cette semaine, les investisseurs lui préférant le dollar comme valeur refuge dans un conflit au Moyen-Orient dont ils craignent l'enlisement.
« En période d’incertitudes accrues, les investisseurs cherchent souvent à augmenter leurs liquidités, et l’or devient fréquemment une source de financement », explique Ole Hansen, analyste de Saxo Bank.
Certains investisseurs empruntent pour parier sur la hausse ou la baisse de certains actifs, en n’avançant qu’une partie de la somme en garantie. Lorsque les marchés bougent brutalement, ils sont contraints de déposer davantage de « cash » pour couvrir leurs pertes, quitte à vendre d’autres actifs.
« Le renforcement du dollar et la diminution des anticipations de baisse des taux d’intérêt américains ont porté un double coup dur à l’or », considéré comme moins rémunérateur, souligne Lukman Otunuga, analyste de FXTM, dans une note destinée à l’AFP.
La hausse du prix du pétrole, d’environ 40 % depuis le déclenchement des hostilités, ainsi que d’autres matières premières, profite au dollar, devise dans laquelle elles sont libellées.
Les Etats-Unis devraient aussi pâtir moins que l’Europe ou l’Asie des perturbations de l’approvisionnement en hydrocarbures depuis le Golfe.
Enfin, la flambée des prix de l’énergie devrait se répercuter sur l’inflation américaine, ce qui peut pousser la Réserve fédérale (Fed) à garder ses taux à leur niveau actuel plus longtemps, voir à les rehausser.
Depuis le début de la guerre il y a près de deux semaines, l’or a perdu près de 4,4 % de sa valeur. L’argent, aussi traditionnellement considéré comme une couverture contre le risque, a chuté d’environ 15 %. Vendredi, vers 16h40 GMT, l’once d’or (31,1 g) s’échangeait à Londres à 5.048,41 dollars, contre 5.171,74 dollars sept jours plus tôt à la clôture.
L’aluminium stagne
Le cours de l’aluminium s’est stabilisé cette semaine à la Bourse des métaux de Londres (LME) alors que la guerre au Moyen-Orient bloque toujours une partie des exportations du métal argenté en provenance du Golfe.
Selon les analystes, la production d’aluminium des pays de la région représente entre 8 et 9% de l’offre totale.
Après un bond la semaine passée, liée à une interruption de la production d’aluminium au Qatar, le cours s’est calmé avec des indications de reprise par la société Norsk Hydro, présente dans le pays.
« QatarEnergy a désormais confirmé que l’approvisionnement en gaz se poursuivra jusqu’à nouvel ordre, à un niveau permettant à Qatalum (le site de ce groupe norvégien au Qatar, ndlr) de maintenir la production d’aluminium à environ 60% de sa capacité ».
Sur le LME, une tonne de métal d’aluminium coûtait 3.441 dollars vendredi, contre 3.446 dollars sept jours plus tôt à la clôture.
Le cours du cuivre restait lui atone sur la semaine, avec une grande prudence du marché sur les répercussions économiques durables de la guerre au Moyen-Orient.
Café froid
Les cours du café ont baissé cette semaine, en particulier la variété robusta qui est au plus bas depuis août 2025.
Les prévisions de la production brésilienne pour 2026/27 continuent de s’améliorer « à mesure que la saison de pousse du café progresse sans menace significative pour la récolte », explique Mark Bowman, analyste chez ADM Investors Services.
De la pluie est attendue au Brésil, de loin le principal producteur mondial de café, « au cours des 7 à 10 prochains jours, principalement dans le nord-est de l’État de São Paulo et dans la majeure partie des zones de production du Minas Gerais », précise-t-il.
Sur l’ICE Futures US de New York vendredi, la livre d’arabica pour livraison en mai valait 286 cents contre 293,30 cents le précédent vendredi. Sur le Liffe de Londres, la tonne de robusta pour livraison le même mois s’échangeait à 3.451 dollars, contre 3.772 dollars à la clôture sept jours plus tôt.