Au Gaec Chaize : 365 jours de pâturage par an pour un lot de génisses


TNC le 04/02/2026 à 11:08
ChristopheChaize

(© Christophe Chaize)

Au fil des ans, Christophe Chaize a étoffé son système herbager pour s'adapter au changement climatique. Pour gérer les périodes sans herbe, il mise sur le pâturage de stock sur pied et le pâturage hivernal.

Installé en 2012 après quinze années de conseil en élevage, Christophe Chaize avait à cœur de mettre en place un système herbager. Au fin des ans, il a étoffé son fonctionnement pour produire d’une manière qui lui plait, et qui prend en compte le changement climatique. « Mon changement de pratique est en partie lié aux attentes sociétales et environnementales qui pèsent sur l’agriculture. Plutôt que de subir ce côté-là, j’ai cherché à trouver quelque chose qui avait des vertus positives », explique l’agriculteur, au micro de la chambre d’agriculture Auvergne-Rhône-Alpes.

Le premier levier ? La mise en place du pâturage tournant dynamique. Petit à petit, l’éleveur a intensifié la pratique avec la création de parcs, d’un couloir central doté d’une zone dédiée à l’abreuvement… Si bien qu’aujourd’hui, une partie des parcelles est découpée en bandes de 40 à 50 m de large par des clôtures fixes. Avec un piquet tous les 20 à 25 m, l’éleveur dispose ainsi de rectangles de 1 000 m² pour piloter le pâturage journalier.

Gérer les périodes sans pousse de l’herbe

L’éleveur cherche à trouver des solutions pour les périodes critiques en termes de pousse de l’herbe. L’été, il pratique le pâturage de stock sur pied. « Je conserve de l’herbe qui aurait pu être fauchée en foin », résume l’éleveur. Autre avantage : « il apporte beaucoup de biomasse, avec un côté parasol qui protège le sol de ces fortes chaleurs. Aux premières pluies d’automne, la repousse est encore plus rapide ». 

Christophe s’essaie également au pâturage hivernal. « On se rend compte que les températures hivernales ne restent pas forcément négatives très longtemps et l’herbe n’a plus de repos végétatif. » Sur la ferme, 35 génisses ont réussi à pâturer non-stop tout l’hiver, sans affouragement. Sur la campagne 2022-2023, un lot de 36 femelles à engraisser au printemps est resté en extérieur, avec une rotation de 2-3 jours sur une grande parcelle sans aucune complémentation (excepté deux bottes de foin pour les deux jours de neige).

Sur le plan économique, ce système permet de limiter les achats extérieurs. Sur la ferme, compter 3 000 l de gasoil, 2,4 t d’engrais azotés, 12 t de carbonate de calcium et 50 t d’aliment par an pour les 55 vaches allaitantes et leur suite sur l’atelier d’engraissement de femelles.