Une baisse des surfaces de maïs « révélatrice d’un malaise profond »
TNC le 17/04/2026 à 16:00
Les premières données disponibles concernant les surfaces de maïs grain 2026 font état d’une baisse de l’ordre de -10 à -15 %, qui témoigne en partie d’arbitrages réalisés au détriment de cette culture dans un contexte de flambée des coûts de production, alerte l’AGPM.
Alors que les semis de maïs sont en cours, Arvalis et l’AGPM relèvent à ce stade une baisse des surfaces de maïs grain, « estimée aujourd’hui entre — 10 et — 15 % au niveau national », soit 1,33 Mha en moins par rapport à la précédente campagne, indique l’AGPM le 17 avril. Une baisse est également à prévoir sur le maïs doux (- 4 % par rapport à 2025), tandis que les surfaces de maïs semences et de maïs fourrage resteraient stables.
Le syndicat déplore « une perte de capacité productive inquiétante pour la filière maïs », résultant de plusieurs facteurs conjoncturels : arbitrages en faveur des céréales d’hiver, diminution des moyens de production disponibles (phytos, accès à l’eau…) « mais surtout une situation de trésorerie extrêmement dégradée », insiste l’AGPM.
Le maïs pénalisé par les difficultés économiques
Or, la hausse des coûts de production induite par la guerre au Moyen-Orient pèse d’autant plus dans la balance au moment de semer le maïs, rendant les charges d’implantation plus élevées que pour les autres cultures, malgré des conditions agronomiques « objectivement favorables », précise l’AGPM.
Pour l’AGPM, la baisse des surfaces témoigne d’un « malaise profond » et d’une « asphyxie économique » des producteurs de grandes cultures. Dans ce contexte, « l’alternative au maïs sera peut-être de ne pas semer du tout ! », alerte le syndicat.
Face au risque d’une déprise plus marquée en grandes cultures, le président de l’AGPM appelle à « des réponses rapides et concrètes », en particulier sur l’accès à l’eau et aux moyens de production, mais aussi sur le soutien à la trésorerie des exploitations, sans quoi les producteurs « n’auront pas d’autre issue que de retourner dans la rue », prévient-il.