#AgirPourMieuxManger

Un service national agricole pour défendre la terre et les agriculteurs


TNC le 28/10/2019 à 14:24
Pour Axel Dauchez, PDG de la plateforme citoyenne Make.org, « défendre son pays, c'est aussi défendre sa terre ».(©Pixabay)

Pour Axel Dauchez, PDG de la plateforme citoyenne Make.org, « défendre son pays, c'est aussi défendre sa terre ».(©Pixabay)

Créer un service national universel agricole figure parmi les actions concrètes les plus originales proposées suite à la consultation nationale #AgirPourMieuxManger, organisée de mars à mai derniers sur la plateforme Make.org. C'est aussi une « idée qu'aime particulièrement » son PDG Axel Dauchez comme il l'a expliqué aux Assises de l'agriculture et de l'alimentation la semaine passée. Parce qu'elle permettrait « de réconcilier les Français avec les agriculteurs » mais aussi peut-être de susciter des vocations.

Et si les jeunes faisaient leur service national universel dans des exploitations agricoles pour apprendre « à défendre la terre comme ils apprenaient avant à défendre leur pays » pendant leur service militaire ? Une initiative plutôt singulière émergeant des ateliers de transformation qui se déroulent au mois d’octobre suite à la consultation nationale #AgirPourMieuxManger, menée du 26 mars au 31 mai 2019 sur le site internet Make.org. Ces derniers visent en effet à « transformer » les suggestions formulées en ligne par les Français en actions concrètes.

Être « quelque temps au service des agriculteurs »

Axel Dauchez, PDG de cette plateforme citoyenne, « aime particulièrement cette idée » qui permettrait de « réconcilier la société civile et les agriculteurs » et de récréer du lien entre ces deux populations, l’un des grands enjeux ressortis de cette consultation. « Défendre son pays, c’est aussi défendre sa terre », a-t-il insisté lors des 4e Assises de l’agriculture et de l’alimentation, qui se tenaient les 15 et 16 octobre à Rennes. En effet, le gouvernement, qui est en train de mettre en place le service national universel, cherche des stages d’intérêt général en grand nombre, réalisables sur de courtes périodes. « Maintenant que cette proposition a été formulée, il me paraît urgent que les jeunes soient quelque temps au service des agriculteurs », a poursuivi Axel Dauchez.

Écouter l’interview d’Axel Dauchez aux Assises de l’agriculture et de l’alimentation (en particulier à partir de la 4e minute, où il évoque le service national universel agricole) : 

« Cette action, qui rencontre un très large consensus, permettrait de répondre aux attentes des citoyens, notamment celle de s’investir dans une économie à notre échelle et dans nos territoires. » Elle montre en tout cas, selon le PDG de make.org, « toute l’envie qu’il y avait dans cette consultation de trouver des solutions ensemble » pour « mieux manger » et faire évoluer les modes de production et de distribution alimentaires. D’ailleurs, 91 % des répondants de l’enquête ont déclaré qu’il était important pour eux de « valoriser et soutenir le travail des agriculteurs », en « favorisant notamment l’installation » et « l’accès au foncier ». 200 000 à 300 000 jeunes de 16 à 18 ans pourraient être concernés chaque année par le dispositif sur l’ensemble du territoire français. L’occasion aussi peut-être de susciter, parmi eux, des vocations d’agriculteur.

Table ronde « la formation et l’attractivité des métiers de l’agriculture et de l’agroalimentaire » aux Assises de l’agriculture et de l’alimentation :

« Les jeunes cherchent du sens dans leur métier »

Dominique Ciccone, Triskalia. (©Vidéo Youtube)

« Les jeunes sont engagés mais pas de la même façon qu’avant. Ils cherchent du sens dans leur métier et c’est important, a expliqué Dominique Ciccone, directeur général de Triskalia. La question de la rémunération n’est pas le premier caractère expliquant que les professions agricoles et agroalimentaires soient sous tension. On arrive à recruter mais c’est plus long. C’est pourquoi il faut développer des formations qui soient en relation avec le marché. »

« Un début de carrière pour acquérir de l’expérience »

René Siret, Esa d’Angers (©Vidéo Youtube)

René Siret, directeur général de l’Esa d’Angers, a également constaté « un changement face à l’emploi, le début de carrière est consacré à acquérir de l’expérience dans plusieurs entreprises, en France ou à l’étranger, ensuite les attentes prennent le dessus. On appelle ça les diplômés zappeurs ». « Il est important que les jeunes rencontrent des professionnels. Nos étudiants, qui arrivent après le bac, commencent par un stage dans une exploitation agricole d’un mois et demi » a-t-il ajouté.

« Un engouement pour l’installation »

Béatrice Dingli, Vivea. (©Vidéo Youtube)

Béatrice Dingli, directrice de Vivea, observe « un engouement pour l’installation comme chef d’entreprise. Une réalité plutôt antinomique : on a d’un côté des chefs d’entreprise en grande difficulté et de l’autre un métier qui donne envie. Ce phénomène se développe depuis cinq à six ans avec une demande de financement important, car les chefs d’exploitation se forment beaucoup : 18 à 23 % dans certains départements ».