Révélations du salaire de ses dirigeants

Un « règlement de comptes » pour la FNSEA


AFP le 20/02/2020 à 14:25
Médiapart a publié mercredi les salaires des principaux dirigeants de la FNSEA. (©TNC)

Médiapart a publié mercredi les salaires des principaux dirigeants de la FNSEA. (©TNC)

La première organisation syndicale agricole, la FNSEA, a accusé mercredi le site d'information Mediapart de s'être livré à un « règlement de comptes » en révélant les rémunérations importantes perçues par ses principaux dirigeants.

Dans un communiqué, la FNSEA « s’insurge contre un article tenant plus du règlement de comptes que de l’enquête journalistique ». Elle dit « assumer pleinement les niveaux de rémunération de ses cadres dirigeants », situés selon elle « en dessous des normes de rémunération pour une organisation professionnelle nationale de cette taille ».

Le syndicat explique également que les informations divulguées par le journal d’investigation ont fait l’objet d’un vol pour lequel une plainte a été déposée.

Mercredi à la mi-journée, Mediapart a publié les salaires du nouveau directeur général du syndicat Clément Faurax, de son remplaçant au poste de directeur adjoint Jean-Louis Chandellier, et les différentes rémunérations attribuées à la directrice générale sortante Catherine Lion.

Selon le média, Clément Faurax « émarge aujourd’hui à 13 400 euros brut mensuels » à l’issue d’une revalorisation de 22 % décidée après son arrivée en avril 2019. Toujours selon cet article, son remplaçant, Jean-Louis Chandellier, a bénéficié pour sa part d’une augmentation de 30 % de sa rémunération, désormais de 9 600 euros brut.

« Les augmentations réalisées restent dans la tendance des augmentations habituelles», avait répondu M. Faurax dans un entretien à Mediapart. Enfin, le journal en ligne s’était penché sur les rémunérations attribuées à Catherine Lion après son départ de la direction. Restée conseillère à temps partiel jusqu’en septembre, elle avait bénéficié d’un salaire de base de 8 900 euros et d’une prime mensuelle de 6 000 euros, selon l’avenant à son contrat de travail consulté par Mediapart.

À la retraite depuis octobre, elle cumule désormais sa pension avec un salaire à temps partiel (notamment car elle a été désignée par le syndicat pour siéger au Conseil économique, social et environnemental) pour un montant total de 12 500 euros, sans que cette situation de cumul soit inédite au sein de la FNSEA, signale Mediapart.

La FNSEA a demandé mardi une « revalorisation urgente » des pensions de retraite des agriculteurs, « au moins à 85 % du Smic », en déclarant « attendre des réponses du président de la République et du gouvernement » sur le sujet lors du Salon de l’agriculture qui s’ouvre samedi à Paris.