Un plan d’aide « pas à la hauteur », selon les syndicats
AFP le 04/09/2026 à 15:45
Le plan d'aide d'urgence de plus d'un milliard d'euros annoncé par le gouvernement vendredi pour l'agriculture après un été de sécheresse n'est « pas à la hauteur » de la détresse du secteur, ont réagi plusieurs syndicats.
« Ce n’est pas à la hauteur de l’ambition », a réagi le secrétaire général de la FNSEA, Hervé Lapie. « On a toujours dit que l’Etat n’était pas là pour compenser les 10 milliards d’euros (de pertes estimées, NDLR), mais il nous faut au moins 2 milliards. En 2021, on a eu un gel sur la viticulture, il y a eu 1 milliard d’euros de mis sur la table. Là, vous avez les arboriculteurs, les maraîchers, les grands cultures, les éleveurs… » Le syndicat historique va demander à ses adhérents « de monter au créneau pour qu’on aille chercher des enveloppes supplémentaires » auprès des préfets, a-t-il ajouté. « Et on revoit le Premier ministre le 8 septembre, on va remonter au créneau pour qu’on reconsidère la perte ».
« Il y a des gens qui ne vont pas passer l’année s’il n’y a pas de l’argent rapidement qui arrive dans les exploitations », a-t-il encore dit, ajoutant que son organisation « n’exclut pas des actions syndicales ». Enfin le responsable appelle à rouvrir les négociations avec la grande distribution sur les marges, pour les filières arboricole, maraîchage, élevage.
Aux yeux des Jeunes agriculteurs, c’est « un premier geste qui reste insuffisant pour compenser les conséquences dramatiques de la sécheresse historique ». Ce sont « des rustines pour l’urgence, (et) toujours aucune stratégie pour l’avenir », estime le syndicat dans un communiqué. « Où sont les financements pour adapter nos exploitations ? Où sont les investissements pour moderniser nos bâtiments d’élevage frappés de plein fouet par les épisodes de canicule ?, » s’interroge le syndicat, qui suggérait la création d’un impôt spécial, comme en 1976, pour soutenir les investissements nécessaires à moyen terme face au réchauffement.
Pour Stéphane Galais, porte-parole de la Confédération paysanne « c’est loin d’être suffisant ». « On avait appelé à au moins 2 à 3 milliards, c’est-à-dire 5 000 euros par actif dans les fermes pour faire face à l’urgence (…) on a estimé qu’il y a 82 % des paysans et des paysannes qui sont laissés sur le bord de la route », a-t-il ajouté auprès de l’AFP.
Cela équivaut à « un plan social » pour l’agriculture qui va amener à la concentration et l’agrandissement des fermes survivantes, des modèles « qui favorisent le dérèglement climatique (perte des haies, dégradation du sol, usage d’intrants d’engrais et pesticides chimiques) ». « La colère est grande parce qu’on est les premiers à subir les conséquences du réchauffement climatique », a-t-il encore dit, appelant à la mobilisation.