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Au salon de l'agriculture

Transformation, vente directe, agritourisme : des solutions clés en main


TNC le 23/03/2023 à 10:55

Frappant, au Sia 2023, le nombre de solutions clé en main, destinées à aider les agriculteurs à se lancer plus facilement dans la transformation, la vente directe ou l'agritourisme ! (©Adobe Stock)

Dans les allées du dernier salon de l'agriculture, toujours plus de produits fermiers à déguster mais aussi, et c'est plus nouveau, de solutions clés en main, souvent proposées par des start-up, pour permettre aux agriculteurs de transformer et vendre en direct leurs productions à la ferme, plus facilement, voire de se lancer dans des activités agritouristiques. Exemples avec Fermalab, J'achète fermier, Un lit au pré et Parcel tiny house.

Au salon de l’agriculture 2023, encore plus difficile de trouver un stand ne proposant pas de dégustation de produits fermiers que lors des éditions précédentes, y compris dans les halls institutionnels ! Plus surprenant, le nombre de solutions clés en main, développées le plus souvent par des start-up, pour les producteurs qui désirent faire de la transformation à la ferme, de la vente directe et/ou de l’agritourisme. Nous avons rencontré quatre de ses entreprises et entrepreneurs, qui nous expliquent leur concept, son origine et ses avantages pour les agriculteurs.

Yaourterie fournie + vente des yaourts derrière

Le projet avait été présenté au salon en 2020, sous le nom « Né d’une seule ferme ». Et avait été imaginé par un éleveur laitier de la Loire, André Bonnard, ancien secrétaire général de la Fédération nationale des producteurs de lait FNPL. Son originalité : louer, aux exploitants souhaitant fabriquer des yaourts, un atelier tout équipé non pas dans un bâtiment en dur, mais dans un conteneur maritime amovible.

Avantages : ces derniers n’ont à se préoccuper ni des démarches administratives, ni de la réglementation, ni des travaux et ni de l’entretien non courant des équipements, explique au Sia 2023 lors d’une table ronde François Henry, directeur général de « J’achète fermier » (la marque nationale et la démarche ont été rebaptisées ainsi en 2021). Ce n’est pas eux non plus qui vendent, mais la start-up, à plus de 1 000 Intermarchés dans toute la France. Mais ils valorisent le litre de lait plus de 50 cts€.

Des conteneurs pour transformer, tout équipés

Pour les conteneurs maritimes, J’achète fermier travaille avec la start-up gersoise Fermalab. L’idée de départ de Lilian Stigliani, PDG de la start-up : « que les producteurs puissent se lancer plus facilement dans la transformation à la ferme, une démarche souvent complexe et qui prend plusieurs années. » En moins de trois mois, lui livre une unité « sur-mesure, compacte et ergonomique, avec tous les équipements nécessaires et conformes aux normes sanitaires UE  ». Une dizaine de micro-unités agro-industrielles existent : abattoir et atelier de découpe de volailles, huilerie, conserverie, fromagerie, yaourterie…

Yourtes ou tiny houses, prêtes à l’emploi

En termes de solutions prêtes à l’emploi pour les agriculteurs, l’agritourisme n’est pas en reste. Depuis 20 ans, Un lit au pré installe des yourtes, entièrement aménagées, dans les exploitations agricoles de plusieurs pays : les Pays-Bas au début, précurseur en matière de tourisme vert, et l’Angleterre avant de s’implanter en France en 2014. La philosophie : proposer des hébergements naturels et insolites (sans électricité ni Wi-Fi pour pouvoir déconnecter) à la campagne, mais tout confort (eau chaude notamment) et chez les principaux habitants et acteurs économiques de ces territoires, les exploitants agricoles.

Une trentaine d’écolodges − 3 à 6 par ferme − ont vu le jour, un peu partout dans le pays, mais la start-up ambitionne d’atteindre les 300 et recherche donc de nouveaux sites d’implantation. Le but est aussi de diversifier les revenus. « La rémunération moyenne s’élève à 5 000 €/écolodge, soit jusqu’à 30 000 €/an net pour l’exploitant qui en possède six », détaille Adrien Gabillet, directeur France de la start-up, que nous avons interrogé sur le salon. 

Prestation similaire avec Parcel tiny house, mais avec des tiny houses donc. La première est arrivée en août 2020 chez un viticulteur du Bordelais et on en compte maintenant 25 sur l’ensemble du territoire, à raison d’une à deux par ferme. Objectif visé : atteindre une centaine en 2024, en « essayant de refléter la diversité de l’agriculture et des terroirs ». Là encore, l’entreprise assure l’installation des hébergements, l’accompagnement préalable pour les dossiers d’urbanisme, la gestion des locations, la communication, le marketing, les exploitants simplement l’accueil des clients et l’intendance inhérente sur place. « Cela apporte un revenu complémentaire − 5 000 à 10 000 €/an/tiny − sans investissement de départ non plus », complète Camille Fabre.