Progression de 6 % des ventes du géant des huiles Avril en 2025
AFP le 15/04/2026 à 14:05
Le groupe agroalimentaire Avril, producteur d'huiles et d'agrocarburant, a enregistré une progression de 6 % de ses ventes en 2025, dépassant les 8 milliards d'euros, et a revendiqué mercredi une « solide performance » dans un contexte économique « particulièrement incertain ».
« Les indicateurs sont tous en croissance. Avril affiche des résultats solides, mais contrastés » selon les domaines d’activité du groupe, « dans une conjoncture extrêmement volatile », a déclaré son directeur financier Aymeric Mongeaud, lors d’une conférence de presse à Paris.
Le géant français des huiles et protéines végétales, connu du grand public pour ses marques Lesieur et Puget, a engrangé un chiffre d’affaires de près de 8,2 milliards d’euros, contre 7,7 milliards l’année précédente : une croissance « tirée par les acquisitions » réalisées en 2024 et par « l’augmentation des volumes », a-t-il expliqué.
Le bénéfice net du groupe, en repli lors du dernier exercice, a pratiquement doublé, à 48 millions d’euros. Et l’excédent brut d’exploitation (Ebitda, un indicateur de rentabilité) s’élève à 426 millions d’euros, en hausse de 15 % par rapport à l’année précédente.
Avril a en outre investi 538 millions d’euros en 2025, notamment pour équiper et moderniser ses sites.
Résultats contrastés selon les secteurs
Ces résultats sont toutefois « contrastés » selon les secteurs. La branche « transformation et énergies renouvelables », qui regroupe les activités historiques du groupe de trituration (transformation de la graine en huile), de production de tourteaux (coproduits du pressage) et de biocarburants en France (Saipol) – reste « le premier contributeur aux résultats du groupe », avec 45 % du chiffre d’affaires (3,7 milliards d’euros), selon un communiqué.
Le secteur « grande consommation », qui regroupe notamment les huiles de table, condiments et légumes secs, est stable : « les bons résultats de Lesieur en France ne suffisent pas à compenser les difficultés des autres filiales », comme Lesieur Cristal au Maroc, « dans un contexte de concurrence accrue » après de belles récoltes d’olives, notamment en Espagne.
Toutefois, les résultats sont affectés par « un marché de la chimie en berne en Europe », qui souffre d’une faible demande et d’une forte concurrence, et par les difficultés d’Eurolysine, seul producteur d’acides aminés en Europe, racheté en juillet 2024 par Avril.
Eurolysine (ex-Metex) « subit la concurrence déloyale de la Chine sur trois acides aminés majeurs (lysine, valine et tryptophane) » et enregistre des pertes de plusieurs millions sur 2025, a expliqué le nouveau directeur général du groupe Paul-Yves L’Anthoën, arrivé en mars 2026.
En février, Avril avait annoncé un nouveau recours auprès de la Commission européenne contre « le dumping chinois », qui a conduit selon le groupe à des baisses de prix allant de 20 % pour la lysine à 60 % pour le tryptophane en un an.
Paradoxalement, le blocage du détroit d’Ormuz avantage l’industriel français : « Depuis un mois, avec des ruptures d’approvisionnement en acides aminés en provenance de Chine, on a vu les commandes repartir à Eurolysine », a déclaré le directeur général. Avec « des perspectives de retour à l’équilibre ».
Pour autant, le groupe prône « la prudence » et n’envisage pas de nouvelle acquisition à court terme, face au risque d’érosion du pouvoir d’achat mais aussi aux potentielles conséquences d’une guerre prolongée au Moyen-Orient (impact sur les coûts de l’énergie, approvisionnements en engrais et donc rendements des récoltes).