Sucre

Nouvelle perte mais réduite pour Cristal Union qui solde sa restructuration


AFP le 23/06/2020 à 14:11

Le deuxième producteur français de sucre, Cristal Union, a annoncé mardi une nouvelle perte nette annuelle conséquente, de 89 millions d'euros, résultant de prix en berne sur une grande partie de l'exercice et du coût de la restructuration de son outil industriel.

Ce résultat net de l’exercice décalé 2019/20 est en légère amélioration par rapport à l’an dernier, qui avait vu le groupe connaître la première perte de son histoire, à 99 millions d’euros, suite à un effondrement des cours européens du sucre. La nouvelle perte annuelle est due pour partie aux coûts générés par la fermeture, décidée au plus fort de la crise, des sucreries de Toury (Eure-et-Loir) et de Bourdon (Puy-de-Dôme), ainsi que par l’arrêt partiel de l’activité de conditionnement à Erstein (Bas-Rhin).

Le groupe a ainsi comptabilisé en 2019/20 un élément non récurrent de 61 millions d’euros « qui représente l’impact de la réorganisation de l’ensemble de notre outil industriel », a déclaré lors d’une conférence de presse Jean-François Javoy, secrétaire général du groupe en charge des finances.

Concernant l’usine de Toury, qui employait 128 personnes, une réunion était prévue au ministère de l’agriculture, pour faire le point sur ce dossier, avec les élus locaux, a-t-on appris auprès du ministère. La direction de Cristal Union, qui a annoncé l’arrêt définitif du site « dans la semaine », a indiqué qu’elle devait se rendre mardi après-midi au ministère.

« L’intégralité du coût de cette réorganisation et de l’optimisation de l’outil industriel a été provisionnée au 31 janvier 2020 », a déclaré jean-François Javoy, qui table sur une amélioration sensible pour le prochain exercice : « Nous aurons la totalité du rebond des marchés et un outil industriel remis dans la norme des coûts de production et de la compétitivité européenne. » Le groupe dépend en effet étroitement du marché européen, qui concentre l’essentiel de son activité et dont la remontée des prix s’est fait fortement ressentir au dernier trimestre : lors de ce dernier, le groupe a engrangé 45 des 63 millions d’euros d’excédent brut d’exploitation (Ebitda) enregistrés sur l’ensemble de l’exercice. Le chiffre d’affaires, de près de 1,6 milliard d’euros, est en recul de 6 % par rapport à l’exercice précédent.

Il a notamment pâti du recul des surfaces de betteraves, à 165 000 hectares, contre 180 000 l’année précédente, partiellement compensé par une amélioration des rendements de 13 tonnes de contre 12,3 l’année précédente. Le groupe a assuré n’avoir pas souffert du confinement lié à la crise du Covid-19 et avoir contenu l’impact de la crise du marché de l’éthanol en réorientant sa production vers « un peu plus de sucre », notamment pour remplacer le sucre qui ne pouvait plus arriver de l’Ile Maurice du fait des mesures de confinement.

Le groupe a également transféré une partie de la production d’alcool brut du bio-éthanol vers l’alcool pharmaceutique pour satisfaire la demande en gel hydroalcoolique. Des mesures qui ont démontré, selon Xavier Astolfi, directeur général adjoint, la « flexibilité » de l’outil industriel, que le groupe entend continuer à développer, tout en continuant à grandir: « nous continuons à analyser qu’il y a beaucoup trop d’entreprises qui commercialisent en compétition dans le marché européen », a déclaré le directeur général, Alain Commissaire.