Mer Noire: Moscou pourrait déclencher une crise alimentaire mondiale, selon l’UE


AFP le 20/10/2026 à 10:53

Avec l'intensification de ses attaques en mer Noire, la Russie pourrait provoquer une crise alimentaire mondiale, a dénoncé mardi la cheffe de la diplomatie européenne Kaja Kallas, appelant Moscou à cesser d'entraver l'exportation des céréales ukrainiennes.

« Six attaques en dix jours, par des drones soupçonnés d’appartenir à la Russie, constituent une escalade dangereuse et inacceptable en mer Noire », a dénoncé Kaja Kallas, lors d’un débat avec les eurodéputés à Strasbourg. « La Russie utilise délibérément l’alimentation comme une arme, compromettant ainsi la sécurité alimentaire mondiale, en particulier en Afrique, en Asie et au Moyen-Orient », a-t-elle estimé.

La mer Noire constitue une artère maritime essentielle pour l’exportation mondiale de céréales, de ressources énergétiques et de matières premières pour l’industrie, ce qui rend sa stabilité vitale pour la sécurité alimentaire et énergétique internationale.

Moscou « s’en prend aux infrastructures agricoles ukrainiennes, notamment aux ports de la mer Noire et du Danube, aux points de passage frontaliers, aux installations d’exportation, aux navires et aux voies de navigation, tout en détruisant des infrastructures de stockage de céréales », a rappelé la cheffe de la diplomatie européenne.

« Si les stocks mondiaux de céréales sont plus importants qu’en 2022, année où la Russie avait bloqué 20 millions de tonnes de céréales ukrainiennes, le système alimentaire mondial est désormais confronté à la « tempête du siècle » » a-t-elle prévenu, entre « un phénomène « super El Niño », des sécheresses dans les deux hémisphères et un conflit au Moyen-Orient, qui entravent les exportations d’engrais ».

Et les tensions en mer Noire ne font que s’ajouter à celles dans le détroit d’Ormuz, dans le Golfe, et celui de Bab el-Mandeb, à l’entrée de la mer Rouge, autres voies majeures pour le transport maritime de marchandises, a-t-elle souligné, appelant une nouvelle fois Moscou à accepter un moratoire pour permettre les exportations de céréales.