Agriculture biologique

L’objectif de progression des surfaces ne sera pas atteint selon J.Denormandie


AFP le 21/04/2021 à 11:05
 « En 2022, si on atteint 12,5 à 13 %, on aura augmenté la surface cultivée en bio dans notre pays de 50 % par rapport à 2017 » J. Denormandie (©TNC)

« En 2022, si on atteint 12,5 à 13 %, on aura augmenté la surface cultivée en bio dans notre pays de 50 % par rapport à 2017 » J. Denormandie (©TNC)

Le ministre de l'agriculture Julien Denormandie a reconnu mercredi le fait que l'objectif de 15 % des surfaces agricoles cultivées en bio en France à l'issue du quinquennat ne sera pas atteint.

« On sera à 12,5 %, je pense », a déclaré le ministre sur l’antenne de BFMTV/RMC, un chiffre en deçà de la cible fixée par le gouvernement dans un plan de soutien à la production bio mis en place en 2018. Doté d’une enveloppe de 1,1 milliard d’euros de crédits (sur fonds européens et nationaux), ce plan devait permettre de faire passer de 6,5 % à 15 % les terres cultivées en bio d’ici 2022.

Interrogé sur les raisons de ce retard, le ministre a souligné que « ce sont des transitions qui sont parfois longues », tout en reconnaissant que « parfois », le gouvernement n’avait « pas mis assez d’accompagnement », une tendance corrigée selon lui par le volet agricole du plan de relance. « En 2022, si on atteint 12,5 à 13 %, on aura augmenté la surface cultivée en bio dans notre pays de 50 % par rapport à 2017 », a souligné M. Denormandie.

Concernant la proposition de consacrer au bio un milliard d’euros par an de la prochaine Pac, qui fixe les aides européennes à l’agriculture, portée par les agriculteurs bio et plus de 300 élus, dans une tribune publiée mardi dans Sud-Ouest, le ministre s’est montré pour le moins réservé. « Il faut avoir en tête que (pour) la Pac, les discussions sont en cours et dès que vous mettez (de l’argent) quelque part, ça veut dire que vous prenez sur d’autres cultures », a déclaré J. Denormandie, qui doit rendre prochainement ses premiers arbitrages sur la déclinaison française de cette Pac qui doit régir les aides à l’agriculture européenne de 2023 à 2027.

« Il n’y a pas dans notre pays d’un côté les vertueux qui font du bio et de l’autre côté les mauvais qui font un autre type d’agriculture », a estimé le ministre.

Selon les derniers chiffres publiés par l’Agence bio, fin 2019, 2,3 millions d’hectares étaient cultivés en bio soit 8,5 % de la SAU (surface agricole utile) française.