Néonicotinoïdes

Leur réintroduction est « justifiée », estime l’Efsa


AFP le 18/11/2021 à 12:35
17 « autorisations d'urgence » d'utilisation des néonicotinoïdes ont été adoptées dans l'UE. (©TNC)

17 « autorisations d'urgence » d'utilisation des néonicotinoïdes ont été adoptées dans l'UE. (©TNC)

La décision de 11 pays de l'Union européenne, dont la France, d'autoriser la réintroduction temporaire en 2020 et 2021 d'insecticides néonicotinoïdes, qualifiés de « tueurs d'abeilles », était « justifiée », faute d'alternative, a estimé jeudi l'Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa).

L’UE interdit depuis 2018 l’usage en plein champ, pour toutes les cultures, de trois néonicotinoïdes (clothianidine, thiaméthoxame et imidaclopride), des produits phytosanitaires accusés de contribuer au déclin massif des colonies de pollinisateurs. En janvier 2020, l’approbation du thiaclopride, autre néonicotinoïde susceptible d’entraîner une contamination des eaux souterraines, n’avait pas été renouvelée.

Pour autant, 11 États membres ont adopté depuis des « autorisations d’urgence » (17 au total à travers l’UE) pour permettre aux agriculteurs de recourir à nouveau à des produits contenant ces substances.

La France a approuvé en août 2020 une dérogation temporaire d’utilisation des néonicotinoïdes pour les planteurs de betteraves, confrontés à une prolifération de pucerons verts porteurs de la jaunisse virale. Allemagne, Belgique, Croatie, Danemark, Espagne, Finlande, Lituanie, Pologne, Roumanie et Slovaquie ont fait de même face à des menaces sur leurs rendements.

La Commission européenne avait demandé en 2020 à l’Efsa d’évaluer si ces « autorisations d’urgence » étaient justifiées en raison d’un danger pour les cultures « qui ne pourrait être contenu par aucun autre moyen raisonnable », seule exception prévue par la réglementation européenne.

Évaluer le risque pour les pollinisateurs de tous les pesticides

« Dans les 17 cas, nous avons conclu que les autorisations d’urgence étaient justifiées, soit parce qu’aucune méthode ou produit alternatif, chimique ou non chimique, n’était disponible, soit parce qu’il existait un risque que l’organisme nuisible développe une résistance aux produits alternatifs disponibles », a indiqué l’agence dans un communiqué.

Avant de se prononcer, l’Efsa basée à Parme (Italie), a demandé aux États d’énumérer, pour chaque nuisible ciblé, tous les produits phytos disponibles autorisés sur leur territoire, ainsi que toutes les méthodes de lutte non insecticides.

Vivement critiqué après la réintroduction des néonicotinoïdes, le gouvernement français a lancé une consultation en juin sur son plan pollinisateurs visant à contrer le déclin des abeilles. Celui-ci prévoit d’évaluer le risque pour les pollinisateurs de tous les pesticides, dont les herbicides et fongicides, en vue d’une possible restriction, voire interdiction sur les cultures en floraison, aujourd’hui applicables uniquement aux insecticides.

Selon l’Onu, citée par le Conseil européen, les abeilles pollinisent 71 des 100 espèces cultivées fournissant 90 % des denrées alimentaires mondiales, mais les populations d’insectes pollinisateurs se sont effondrées ces dernières années.