Les prix mondiaux du blé oscillent au rythme du conflit en mer Noire


AFP le 26/08/2026 à 21:00
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A ce stade, les volumes de blé ne manquent pas au niveau mondial. (© Miha Creative, AdobeStock)

Les prix du blé tendre, la céréale du pain, restent à des niveaux soutenus sur les marchés, portés par le blocage des livraisons de la Russie et de l'Ukraine en guerre, même s'ils sont très loin des sommets atteints au début du conflit en 2022.

A Chicago, le blé a terminé à 6,87 dollars le boisseau mardi, contre 6,60 une semaine avant. Sur Euronext, il se maintenait à 227,50 euros la tonne mercredi (225 mercredi dernier).

Depuis plusieurs semaines, les flux sont quasi suspendus en provenance de la mer Noire, où Russie, 2e exportateur mondial de blé, et Ukraine, le 4e, s’affrontent, limitant largement les chargements.

Dans ce contexte la moindre annonce nourrit la fébrilité des marchés, comme celui de Chicago, ébranlé en début de semaine par des informations autour de discussions possibles pour relancer les expéditions. « Le marché joue à se faire peur », constate Gautier Le Molgat, directeur d’Argus Media France, expert des marchés agricoles.

« Les fonds (d’investissement) ont tiré le marché à la hausse. Par contre maintenant, il va falloir que ça concrétise sur l’activité » d’achat des récoltes, souligne l’analyste.

De fait la demande reste modérée, et à ce stade ce sont surtout les producteurs roumains, bulgares ou baltes qui profitent des événements en mer Noire.

La Roumanie a écoulé plus d’un million de tonnes depuis juillet, la Lituanie près de 500 000 tonnes, note le courtier Damien Vercambre, quand le producteur France est plus en difficulté.

Mondialement, à ce stade les volumes de blé ne manquent pas. Sur fond de cours élevés, l’Inde a même, comme en 2022, autorisé des exportations, qui partiront peut-être notamment au Bangladesh.

Par ailleurs « beaucoup de pays importateurs, notamment du Maghreb, ont eu une très belle récolte. Et aujourd’hui, ils jouent un peu la montre, en espérant que la situation puisse se débloquer » en mer Noire, ajoute M. Le Molgat.

Maïs et soja à la hausse

Du côté du maïs, les cours aussi sont à la hausse, dépassant 5 dollars le boisseau à la clôture à Chicago mardi.

A l’origine, des perspectives de rendements encore réduits par une météo défavorable, alors que se poursuit aux Etats-Unis le « tour des plaines » cultivées organisé comme chaque année par la revue professionnelle Pro Farmer. C’est « le sujet phare » pour les marchés, souligne Dewey Strickler, de Ag Watch Market Advisors, qui s’est dit « un peu surpris » par ces prévisions de rendements bien en-deçà des estimations du ministère de l’Agriculture (USDA). Autre facteur haussier pour le maïs, relève-t-il, « des exportations (américaines) toujours assez solides ».

En revanche pour le soja, « la situation (des rendements) semble meilleure que ce qu’annonçait l’USDA », relève Jake Hanley, de Teucrium Trading.

Les cours du soja sont malgré tout restés soutenus par une demande américaine forte mais aussi des achats chinois.

« La Chine a effectué des achats ces dernières semaines. (…) Avant le voyage de Xi le mois prochain (le 24 septembre, NDLR), il semble qu’ils fassent un effort de bonne foi », ajoute M. Hanley.

Quant au colza, porté globalement comme tous les oléagineux par la demande en huiles et en agrocarburants, la crainte que les agriculteurs d’Europe de l’Ouest ne puissent pas faire leurs semis dans des sols ultra-secs s’est un peu atténuée avec l’arrivée de pluies en cette fin de mois. Cependant « ce serait bien qu’il pleuve encore un peu », soulignent les analystes.