Le logement, un frein sous-estimé à l’installation des agriculteurs
TNC le 26/08/2026 à 14:32
Si la question de l’accès au foncier est aujourd’hui centrale dans les politiques d’installation de nouveaux agriculteurs, celle de l’accès au logement est encore très peu prise en compte alors qu’elle constitue de plus en souvent un point de blocage dans la transmission des exploitations.
Depuis la Seconde guerre mondiale, le nombre d’agriculteurs a été divisé par cinq pour atteindre 496 000 en 2020, conséquence d’une concentration des exploitations qui s’accélère depuis 10 ans.
En parallèle, les « Nima », non issus du milieu agricole, sont de plus en plus nombreux à s’installer. « La concentration des exploitations, de plus en plus grandes donc de plus en plus chères, renforce leur fragilité à acquérir », explique l’Agence d’urbanisme et d’aménagement Toulouse aire métropolitaine (AUAT) dans une analyse publiée en janvier, « Logement paysan : un angle mort des politiques d’aménagement ? ».
Avec un foncier qui s’est renchéri, le coût du logement apparaît comme un frein supplémentaire à l’installation, d’autant plus que les politiques d’accompagnement se focalisent aujourd’hui sur l’accès aux terres.
Un « impensé des projets de transmission » ?
Ainsi, les freins que constitue le logement agricole sont devenus plus nombreux. Les repreneurs seuls n’ont plus forcément les moyens d’acquérir à la fois le foncier et le logement, « tandis que les reprises agricoles collectives augmentent le besoin en logements sur la ferme et à proximité », souligne l’AUAT.
Par ailleurs, les cédants ne vendent pas forcément l’habitation avec le reste de la ferme, par attachement, pour des raisons financières, ou alors pour « valoriser un foncier vendu hors contexte agricole ».
Les règles de construction sur terrain agricole sont également plus strictes depuis une vingtaine d’années, ce qui limite les possibilités de bâtir un logement sur les exploitations, alors qu’en parallèle les prix des logements ont fortement augmenté.
Pourtant, l’accompagnement des porteurs de projets agricoles se concentre aujourd’hui sur l’accès au foncier, minorant le sujet du logement alors que le besoin de vivre sur ou à proximité immédiate de l’exploitation reste constant.
Diversifier l’offre de logements agricoles
Plusieurs outils réglementaires, stratégiques ou opérationnels pourraient cependant être mobilisés, en diversifiant les possibilités d’habitat : logement social agricole, habitats légers, réhabilitation du bâti existant ou montages partenariaux innovants. Ces actions nécessitent néanmoins d’intégrer la problématique du logement dans les stratégies agricoles foncières locales, et dans la coopération entre collectivités, bailleurs sociaux et acteurs agricoles, indique l’AUAT.
Enfin, l’étude met en avant la nécessité d’augmenter la transparence dans l’instruction des permis de construire pour adapter les règles aux réalités agricoles, par exemple pour faciliter l’habitat léger ou mobile qui reste souvent apparenté à une opération d’artificialisation.